Présidentielle 2027 : David Lisnard s'installe devant Bruno Retailleau et Gabriel Attal dans le sondage IFOP
Quelques points de plus à chaque sondage, un hashtag #ilsepassequelquechose qui s'est installé dans le paysage médiatique, des chroniqueurs d'émissions télé qui le voient déjà au second tour : David Lisnard impose désormais son nom dans le jeu présidentiel et il a déjà réussi l’essentiel : devenir impossible à ignorer.
Publié par Loïc Cotteret
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Résumé de l'article
David Lisnard devance Bruno Retailleau et Gabriel Attal dans plusieurs configurations du sondage IFOP pour LCI, avec jusqu’à 9% d’intentions de vote. Le maire de Cannes s’impose comme le candidat montant de la droite, alors que ses partisans réclament une primaire.
Il y a encore quelques semaines, David Lisnard était un candidat que l’on citait avec prudence, presque par politesse. Aujourd’hui, le fondateur de Nouvelle Énergie s’invite dans toutes les conversations de droite, bouscule les hiérarchies et force ses rivaux à réagir.
Son ascension reste fragile, mesurable en points de pourcentage, mais elle a une vertu redoutable en politique : elle crée l’impression d’un mouvement. Et lorsqu’un candidat parvient à faire croire qu’il est en marche, les autres finissent souvent par courir derrière lui.
Un sondage qui change le décor
Le dernier baromètre IFOP pour LCI, publié ce 3 novembre, donne Lisnard devant Bruno Retailleau dans plusieurs configurations. Face à Édouard Philippe et Gabriel Attal, le maire de Cannes atteint 7% d’intentions de vote, contre 4% pour le président des Républicains. Sans Édouard Philippe, il monte à 7,5%, tandis que Retailleau reste à 5%.
Plus révélateur encore : lorsque Lisnard est le seul candidat de droite face à Philippe, il obtient 9%, soit deux points de plus que Retailleau dans la même hypothèse. La hiérarchie à droite n’est donc plus une évidence. Elle devient une question ouverte, avec un ancien LR qui pousse à la porte de son ancien camp.
Le chroniqueur politique Jérôme Godefroy a résumé cette bascule en reprenant la formule américaine désormais associée à la candidature : « something is happening ».
Comme on dit aux États-Unis : “something is happening”. @davidlisnard est désormais 5ème dans le sondage @IfopOpinion pic.twitter.com/BrwmBQrzke
— Jérôme Godefroy (@jeromegodefroy) November 4, 2026
La primaire comme arme politique
Lisnard ne se contente pas de profiter de la vague : il veut l’organiser. Depuis son départ des Républicains, il réclame une primaire de droite et présente les sondages comme une preuve que le camp doit se départager avant l’échéance. Interrogé par Sonia Mabrouk sur BFMTV hier, il a assuré que les enquêtes d’opinion « plaident pour la primaire ».
Son argument est simple : si plusieurs candidats se présentent sans règle commune, la droite risque de se disperser. S’il est réellement devant Retailleau, il a tout intérêt à réclamer un scrutin interne. La primaire devient alors moins un principe démocratique qu’un instrument de conquête.
2027: les sondages plaident "pour la primaire", assure David Lisnard, candidat Nouvelle Énergie à la présidentielle pic.twitter.com/GkcTwBWyKF
— BFM (@BFMTV) November 3, 2026
Le mouvement Nouvelle Énergie revendique aussi une force d’attraction inhabituelle pour un parti récent. La formation politique évoque près de 110 000 adhésions payantes, ce qui placerait la formation derrière le RN mais devant LR en nombre d’adhérents. Le chiffre mérite bien sûr d’être vérifié dans la durée, mais il nourrit le récit d’un candidat qui ne se limite plus à la communication en ligne.
Les Grandes Gueules voient déjà Lisnard au second tour
Sur RMC, Les Grandes Gueules ont transformé la dynamique en pronostic. Jérôme Marty a imaginé un duel Lisnard-Hollande, en ajoutant que la droite devrait organiser des primaires si elle ne veut pas « être trop bête ».
🇫🇷 2027 : le prono de @DrJeromeMarty pour le second tour.
— Les Grandes Gueules (@GG_RMC) November 3, 2026
🗣️ "Je pense que ce sera Lisnard/Hollande. Si la droite n'est pas trop bête, elle fera des primaires. Je le mets devant le RN parce qu'à mon avis, ils ne veulent pas le pouvoir. C'est une entreprise familiale. Ils ne… pic.twitter.com/GqwkE9UBtX
Joëlle Dago a été plus loin encore : pour elle, le second tour opposerait Marine Le Pen à David Lisnard.
🇫🇷 2027 : le prono de @joelle_dago pour le second tour.
— Les Grandes Gueules (@GG_RMC) November 4, 2026
🗣️ "Je pense que ce sera Le Pen/Lisnard."#GGRMC pic.twitter.com/ltlKqyGWTZ
Ces projections relèvent davantage de l’intuition médiatique que de la science électorale. Elles n’en disent pas moins long sur le basculement des perceptions : Lisnard n’est plus seulement un candidat testé dans les enquêtes, il devient un nom que l’on place spontanément dans les scénarios du second tour.
Une percée, pas encore une victoire
Il faut garder la tête froide. À 9% dans sa meilleure configuration, Lisnard reste loin du second tour. Jean-Luc Mélenchon est crédité de 17,5%, tandis qu’Édouard Philippe conserve 15% lorsqu’il représente seul le bloc central. La dynamique est réelle, mais l’écart demeure immense.
Le vrai enjeu n’est donc pas de savoir si Lisnard gagnera en 2027. Il est de savoir s’il peut devenir le candidat de référence d’une droite en quête de renouveau. Pour cela, il devra transformer les clics, les adhésions et les passages radio en implantation locale, en relais militants et en crédibilité programmatique. Les sondages ouvrent une fenêtre mais ils ne garantissent pas qu’elle restera ouverte.
Pour l’instant, une chose est sûre : Bruno Retailleau disposait du parti, Édouard Philippe de l’appareil gouvernemental, et Lisnard n’avait qu’une idée. Celle de faire entendre qu’il se passait quelque chose. Trois jours après la publication du sondage, cette idée commence à ressembler à une réalité politique.