Marine Le Pen veut abroger la loi SRU qui oblige 25% de logement social dans les villes
Marine Le Pen veut la fin de l'obligation de construction des logements sociaux en France. Elle l'a annoncée aujourd'hui lors de son meeting de rentrée, et elle veut faire de cette question du logement, un marqueur de campagne
Publié par J.PE
À quelques mois de l’élection présidentielle, Marine Le Pen veut faire du logement l’un des grands dossiers de son éventuel quinquennat. Lors de son discours de rentrée à Hénin-Beaumont, la candidate du Rassemblement national a annoncé vouloir supprimer « purement et simplement » la loi SRU, qui impose à de nombreuses communes un quota de logements sociaux.
Le logement s’impose comme l’un des nouveaux terrains de bataille du Rassemblement national. Lors de son traditionnel discours de rentrée à Hénin-Beaumont, Marine Le Pen a placé cette question au cœur de ses priorités, en promettant de faire du logement « un des grands chantiers » de son quinquennat.
Parmi ses principales propositions figure désormais l’abrogation de la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains, plus connue sous le nom de loi SRU. Un texte que la dirigeante du RN critique depuis plusieurs années et dont elle souhaite aujourd’hui la disparition.
Une obligation de logements sociaux pour de nombreuses communes
Adoptée en décembre 2000, la loi SRU prévoit notamment que certaines communes doivent disposer d’une proportion minimale de logements sociaux parmi leurs résidences principales.
Dans la majorité des territoires concernés, l’objectif est fixé à 25 %, tandis que certaines communes situées dans des secteurs moins tendus restent soumises à un seuil de 20 %. Le dispositif concerne notamment des communes suffisamment peuplées appartenant à des agglomérations ou intercommunalités répondant à certains critères.
Lorsqu'une commune n'atteint pas les objectifs qui lui sont fixés, elle peut être soumise à des pénalités financières. Dans les situations les plus importantes de carence, le préfet peut également intervenir davantage dans la politique locale du logement.
Pour ses défenseurs, ce mécanisme permet d'éviter que certaines communes refusent durablement de construire des logements sociaux. Mais les citoyens et riverains s’opposent quasiment toujours à ces constructions qui amènent souvent des problèmes ou des populations issus de l’immigration selon ses détracteurs. Le RN envoie donc un marqueur en voulant changer la législation.
Le RN dénonce une contrainte imposée aux maires
Marine Le Pen défend une tout autre approche. Pour le Rassemblement national, les maires devraient disposer de davantage de liberté pour déterminer la politique de logement de leur commune.
Le parti estime notamment que les objectifs imposés par l’État peuvent être difficiles à atteindre dans certains territoires et conteste le principe de pénalités financières appliquées aux communes qui ne respectent pas leurs obligations.
Le RN avait déjà tenté, en 2024, de faire évoluer le dispositif. La proposition défendue à l’époque visait notamment à assouplir les contraintes imposées aux communes et à donner davantage de poids aux décisions des élus locaux.
Avec cette nouvelle annonce, Marine Le Pen va désormais plus loin : il ne s’agit plus seulement de modifier le dispositif, mais de mettre fin à la loi SRU elle-même.
Le logement, nouveau marqueur de la campagne présidentielle
En faisant de l’abrogation de la loi SRU une promesse politique assumée, Marine Le Pen entend également répondre à une préoccupation devenue centrale pour de nombreux Français : la difficulté à se loger.
Hausse des loyers, prix de l’immobilier, accès au logement social et construction neuve devraient ainsi occuper une place importante dans la campagne présidentielle.
Une chose est certaine : en annonçant vouloir abroger la loi SRU « purement et simplement », Marine Le Pen ouvre un nouveau front politique autour du logement, à quelques mois d’un scrutin présidentiel qui pourrait faire de cette question l’un de ses grands thèmes.