Marine Le Pen en tête au second tour dans tous les cas de figure, Mélenchon grimpe et crée la dynamique à gauche
À huit mois de la présidentielle, un nouveau sondage Toluna Harris Interactive pour M6 et RTL confirme la domination de Marine Le Pen, créditée de 35 à 38 % au premier tour. Mais l’autre enseignement majeur est la progression de Jean-Luc Mélenchon, qui peut désormais devancer le bloc central selon les configurations testées.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Marine Le Pen domine largement le premier tour de la présidentielle 2027 avec 35 à 38 %, tandis que Jean-Luc Mélenchon apparaît désormais en mesure d’accéder au second tour.
La présidentielle de 2027 commence à prendre une tournure de plus en plus nette : Marine Le Pen domine très largement le premier tour, tandis que Jean-Luc Mélenchon apparaît désormais comme l’un des candidats les mieux placés pour l’affronter au second.
Selon un sondage Toluna Harris Interactive pour M6 et RTL, réalisé les 18 et 19 août auprès de 1.764 inscrits sur les listes électorales, la candidate du Rassemblement national recueillerait entre 35 et 38 % des intentions de vote selon les configurations.
Un niveau qui la place très loin devant tous ses concurrents.
Mélenchon profite de la division du bloc central
La principale évolution se situe derrière elle. Jean-Luc Mélenchon, qui répétait dimanche aux universités d’été d'LFI que « la victoire est possible », est désormais crédité de scores susceptibles de lui ouvrir les portes du second tour.
Dans l’hypothèse où Édouard Philippe et Gabriel Attal maintiendraient tous les deux leur candidature, le leader insoumis recueillerait 16 % des intentions de vote, contre 14 % pour Édouard Philippe et seulement 8 % pour Gabriel Attal.
La dispersion du bloc central profiterait donc directement à LFI. Mais même avec une candidature unique au centre, Jean-Luc Mélenchon resterait particulièrement compétitif. Face à Édouard Philippe seul, les deux hommes seraient à égalité à 17 %. Et si Gabriel Attal devait représenter seul le camp central, Mélenchon conserverait l’avantage avec 17 %, contre 15 % pour l’ancien Premier ministre.
Le scénario d’un duel Marine Le Pen-Jean-Luc Mélenchon au second tour n’a donc plus rien de purement théorique.
Glucksmann reste autour de 10 %
Raphaël Glucksmann, qui vient d’officialiser sa candidature à la présidentielle, demeure pour sa part nettement en retrait.
Selon les configurations testées, le candidat de Place publique est crédité de 10 à 11 % des intentions de vote. Un score significatif, mais encore très éloigné de celui de Jean-Luc Mélenchon.
La dynamique confirme donc, pour l’instant, la difficulté de la gauche non mélenchoniste à concurrencer LFI sur le terrain présidentiel.
Les prochains mois seront néanmoins décisifs, notamment avec la primaire organisée entre le Parti socialiste et Place publique, qui doit clarifier davantage encore le paysage de la gauche sociale-démocrate.
Retailleau sous les 10 %, les autres candidats distancés
À droite, Bruno Retailleau reste lui aussi loin derrière Marine Le Pen. Le candidat LR oscille entre 8 et 9 % des intentions de vote. Éric Zemmour recueillerait entre 3 et 4 %, tandis que Nicolas Dupont-Aignan se situerait entre 2 et 3 %.
Chez les écologistes, Marine Tondelier obtiendrait entre 2 et 5 % selon les scénarios. Fabien Roussel se maintiendrait entre 2 et 3 %, tandis que Nathalie Arthaud serait créditée de 1 %.
À ce stade, l'état des lieux est donc particulièrement sévère pour les formations intermédiaires : deux blocs dominent très nettement, celui du RN et celui de LFI, tandis que le centre, la droite classique et la gauche sociale-démocrate restent morcelés.
Un duel Le Pen-Mélenchon devient plausible
À huit mois du scrutin, aucune projection ne constitue évidemment une prédiction. Une campagne présidentielle peut profondément modifier les rapports de force et les candidatures elles-mêmes ne sont pas encore toutes stabilisées.
Mais ce sondage dessine une configuration politique de plus en plus claire. Marine Le Pen possède une avance considérable et semble aujourd’hui hors d’atteinte au premier tour. Derrière elle, Jean-Luc Mélenchon bénéficie directement de l’éparpillement de ses concurrents et consolide progressivement sa position de principal prétendant au second tour.
Le paradoxe est saisissant : alors que la présidentielle devait initialement se jouer autour de la succession d’Emmanuel Macron et de la recomposition du bloc central, l’hypothèse d’un face-à-face entre le Rassemblement national et La France insoumise apparaît désormais parmi les scénarios les plus crédibles.