« Mars Attacks » : une colère enseignante légitime qui dissimule un mouvement politique radical
Le collectif Mars Attacks secoue depuis plusieurs semaines l’enseignement francophone. Né dans les salles des profs bruxelloises, il s’est rapidement imposé comme l’un des visages les plus visibles de la contestation contre les réformes du gouvernement MR-Les Engagés.
Publié par A.G.
Résumé de l'article
-Mars Attacks se présente comme un collectif apolitique de professeurs, mais son discours, ses relais et ses références intellectuelles le situent clairement dans une galaxie militante de gauche radicale.
-Derrière la colère réelle d’une partie du monde enseignant, le mouvement transforme la contestation scolaire en combat politique frontal contre le gouvernement MR-Les Engagés.
-Son recours à des actions limites - boycotts, refus potentiels d’encoder des résultats, désobéissance professionnelle - inquiète jusqu’aux syndicats, pourtant favorables à la mobilisation.
-Le collectif refuse l’étiquette partisane, mais son environnement - APED, relais PTB, élus Écolo, vocabulaire anticapitaliste - rend cette posture de neutralité difficilement crédible.
Mars Attacks se dit indépendant, horizontal, interréseaux et apolitique. Mais son discours, ses relais et certaines de ses alliances interrogent. Derrière la colère réelle des enseignants, le mouvement évolue dans un environnement militant très marqué à gauche.
Un collectif né dans les écoles
Mars Attacks s’est lancé officiellement en mars 2026. Le nom renvoie au film de Tim Burton (qui décrit l’humanité progressiste grugée et naïve face à des Martiens diaboliques mais qui prétendent « venir en paix »), mais le message est moins humoristique qu’il n’y paraît. Pour ses fondateurs, les mesures portées par la ministre de l’Éducation Valérie Glatigny frappent l’école avec une violence inédite.
Au départ, le mouvement rassemble des enseignants issus d’une douzaine d’écoles, principalement à Bruxelles, mais aussi à Wavre et à Liège. Très vite, le collectif gagne d’autres établissements. Il revendique aujourd’hui une cinquantaine d’écoles. Sur son site, Mars Attacks, fort bien fait – on sent la patte d’informaticiens chevronnés - se présente comme un collectif “interréseaux” des acteurs de l’enseignement en Fédération Wallonie-Bruxelles. Il affirme réunir enseignants, éducateurs, élèves, parents et directions autour d’une revendication simple : le retrait total des réformes MR-Les Engagés.
Sur son site, Mars Attacks a publié une lettre aux parents et aux grands-parents d’élèves. Le collectif estime qu’avec les économies proposées par la ministre Glatigny (qu’ils refusent de rencontrer d’ailleurs), la rentrée scolaire 2026 sera « impossible ». « Ce que nous constatons, c'est que les Ministres Degryse et Glatigny augmentent le salaire des top-managers, augmentent le salaire des directions, détricotent le tronc commun ce qui devrait coûter 60 millions € par an, rehaussent des seuils d'exigence ce qui coûtera aux alentours de 100 millions €, assument un surcoût potentiel de 500 millions avec la fin de la nomination, etc. »
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