Mélenchon charge encore les médias traditionnels en permanence et mise sur les réseaux sociaux pour les contourner
Mélenchon charge encore les médias et veut les contourner par les réseaux sociaux pendant sa campagne. Il déclare : "« Nous n’avons plus besoin de votre système pourri pour nous exprimer. »
Publié par J.PE
Jean-Luc Mélenchon durcit son discours contre les médias traditionnels et assume désormais une stratégie de communication reposant largement sur les réseaux sociaux, les créateurs de contenus et les médias numériques. Une méthode qui lui permet de s’adresser directement à son audience tout en limitant sa dépendance aux chaînes de télévision, radios et journaux qu’il critique régulièrement.
Cette stratégie ne se limite plus aux déclarations sur les réseaux sociaux. En 2026, le leader de La France insoumise a également organisé des conférences de presse auxquelles les médias traditionnels n’étaient pas conviés.
Le 23 février, Jean-Luc Mélenchon avait ainsi organisé une rencontre présentée comme une conférence de presse réservée aux « médias numériques alternatifs ». Plusieurs médias traditionnels, dont Franceinfo, l’AFP, TF1, Libération et L’Express, n’avaient pas obtenu d’accréditation.
Quelques semaines plus tard, le 24 mars, le dispositif a été reconduit avec une conférence destinée aux « nouveaux médias ». Presse écrite, radio et télévision traditionnelles n’étaient alors pas les bienvenues, tandis que des créateurs de contenus et médias numériques étaient invités à échanger directement avec le candidat.
Le principe est assumé : Mélenchon veut pouvoir choisir les canaux par lesquels il s’adresse au public. Il l’a résumé en expliquant : « Je choisis où je vais ».
Cette évolution accompagne une critique de plus en plus régulière des médias dits « traditionnels ». Devant des étudiants de HEC en octobre, le leader insoumis déclarait ainsi : « Nous n’avons plus besoin de votre système pourri pour nous exprimer », tout en annonçant vouloir limiter autant que possible ses passages dans les médias durant la campagne.
Les réseaux sociaux comme média à part entière
LFI dispose désormais de ses propres canaux de diffusion : vidéos YouTube, comptes sur les différentes plateformes sociales, émissions en direct et relais par des créateurs de contenus.
L’objectif est de réduire l’intermédiation journalistique. Plutôt que de laisser une rédaction sélectionner les extraits d’une intervention, Mélenchon et son entourage peuvent diffuser directement une prise de parole complète, puis en extraire les séquences destinées à circuler sur les réseaux sociaux.
Le dispositif permet également au candidat de toucher une audience qu’il estime considérable sans nécessairement passer par les chaînes d’information.
Cette stratégie n’est toutefois pas synonyme de disparition totale des médias traditionnels. En mai 2026, Mélenchon avait officialisé sa candidature sur TF1 avant de poursuivre avec une longue interview accordée au média numérique Brut.
Une relation devenue beaucoup plus sélective
Le paradoxe est donc apparent : Mélenchon critique régulièrement les médias traditionnels, mais continue de les utiliser lorsqu’il estime qu’une intervention peut lui apporter une visibilité importante.
La différence réside désormais dans le rapport de force. Là où les candidats dépendaient autrefois fortement des journaux et des chaînes de télévision pour toucher les électeurs, les réseaux sociaux permettent aujourd’hui à un responsable politique disposant d’une importante communauté numérique de produire et de diffuser lui-même ses contenus.
Mélenchon revendique précisément cette évolution. Lors d’un débat organisé par les étudiants de HEC le 5 octobre, il a déclaré « Aller dans un média, c’est y aller pour se faire démolir, tout le temps amener à la position du buzz, n’importe quoi qui soit un scandale. (…) Quand c’est moi, je ne vous raconte pas. Il faut se faire Mélenchon, ça fait partie d’une carrière en quelque sorte » et a lancé à l’adresse des journalistes : « Nous n’avons plus besoin de votre système pourri pour nous exprimer. »
Son choix de réserver certaines conférences de presse aux médias numériques constitue la traduction concrète de cette stratégie : ne plus subir systématiquement le cadre imposé par les médias traditionnels, mais créer ses propres espaces de communication.
À l’approche de la présidentielle, cette bataille autour du contrôle de la parole politique pourrait ainsi devenir un enjeu important de la campagne.
Pour LFI, les réseaux sociaux sont désormais bien davantage qu'un simple outil de communication : ils constituent un moyen de contourner une partie des médias traditionnels et de construire une relation directe avec le public.