« On ne les invitera pas en direct » : Daniel Schneidermann veut mettre la parole du RN sous contrôle
Sur France Culture, Daniel Schneidermann a défendu l’idée de ne pas traiter le Rassemblement national « comme un parti comme les autres », allant jusqu’à envisager de ne pas recevoir ses représentants en direct. Face à lui, Frédéric Taddeï s’est inquiété d’une logique menant à ne plus parler qu’avec « des gens conformes ».
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Sur France Culture, Daniel Schneidermann a défendu un traitement médiatique particulier du RN, jusqu'à envisager de ne pas recevoir ses représentants en direct. Frédéric Taddeï s'est vivement inquiété de cette logique.
Le débat sur le traitement médiatique du Rassemblement national a donné lieu à un échange particulièrement révélateur sur France Culture. Face à Frédéric Taddeï, Daniel Schneidermann, fondateur d’Arrêt sur images, a assumé une position radicale : le RN ne devrait pas nécessairement bénéficier des mêmes conditions médiatiques que les autres formations politiques.
« Je pense qu’il est légitime de se dire qu’on ne traitera pas le Rassemblement national comme un parti comme les autres », affirme-t-il.
Et Daniel Schneidermann va jusqu’au bout de son raisonnement : les journalistes pourraient, selon lui, décider de ne pas inviter ses représentants en direct afin de conserver la possibilité « d’exercer un contrôle factuel sur ce qu’ils disent ».
Je pense qu’il est légitime de se dire qu’on ne traitera pas le Rassemblement national comme un parti comme les autres.
Daniel Schneidermann
Une proposition qui fait immédiatement réagir Frédéric Taddeï. « Daniel me fait rire quand il dit que les gens du Rassemblement national, on va les faire en différé pour pouvoir vérifier ce qu’ils disent. Ah bon, parce que les autres disent la vérité alors ? » La question résume assez bien le problème.
🔴 Daniel Schneidermann : "Il est légitime de se dire qu'on ne traitera pas le Rassemblement National comme un parti comme les autres."
— French Carcan (@FrenchCarcan) August 16, 2026
✅ @d_schneidermann, (fondateur d'@arretsurimages
et échotier historique de @libe), est confronté à Frédéric Taddeï qui le tance… pic.twitter.com/qAruI0CEEW
Le fact-checking réservé au RN ?
Car si la nécessité de vérifier les déclarations des responsables politiques paraît difficilement contestable, pourquoi cette précaution devrait-elle justifier un régime particulier pour une seule formation ?
Daniel Schneidermann avance une distinction. Les autres partis ayant participé au pouvoir auraient certes pu porter atteinte à certaines libertés, mais seulement « marginalement ».
Taddeï l'interrompt : « Ah oui ? Toutes les libertés n’ont pas été réduites considérablement au cours des quinze dernières années ? »
« Non », répond Schneidermann.
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