L’exclusion de Joël Kotek de l’IHRA relance le débat sur l’antisémitisme
L’éviction du professeur Joël Kotek de la délégation belge auprès de l’International Holocaust Remembrance Alliance (IHRA) suscite incompréhension et critiques. La décision pose question sur la place accordée à l’analyse de l’antisémitisme contemporain et sur la liberté de parole des experts au sein des instances internationales.
Publié par A JS
• Mis à jour le
Résumé de l'article
Communiqué de l'Institut Jonathas sur l’éviction de l’historien Joël Kotek de l’IHRA, envoyant un signal préoccupant pour la liberté d’analyse de l’antisémitisme contemporain et l’indépendance des experts.
Dans un communiqué publié ce mercredi, l’Institut Jonathas, par la voix de Viviane Teitelbaum, Doubi Ajami, Marina Blitz et Richard Laub, fait part de sa « consternation » face à cette décision. Les signataires saluent le parcours de Joël Kotek, qu’ils décrivent comme un « historien reconnu internationalement », engagé de longue date dans la transmission de la mémoire de la Shoah et la lutte contre les discours de haine.
Cette éviction interroge également sur les raisons qui l’ont motivée. Les signataires évoquent notamment une intervention de Joël Kotek lors d’une réunion de l’IHRA consacrée à l’évolution de l’antisémitisme depuis le 7 octobre.
À cette occasion, l’historien aurait mentionné plusieurs faits survenus en Belgique, dont l’affaire Brusselmans, certaines polémiques liées au carnaval d’Alost, des menaces visant une sénatrice, ainsi que le dispositif de sécurité entourant certaines écoles juives.
Le débat sur l’antisémitisme contemporain
Pour les auteurs du communiqué, ces propos relevaient d’un « constat documenté » et non d’une prise de position partisane. Ils s’interrogent dès lors sur la place accordée à l’analyse de l’antisémitisme contemporain, y compris dans des cadres institutionnels dédiés à sa prévention.
L’Institut Jonathas met en garde contre une approche qui consisterait à ne reconnaître que des formes « anciennes » ou consensuelles de l’antisémitisme, au détriment de ses manifestations actuelles.
Le communiqué souligne également que plusieurs collègues internationaux de Joël Kotek auraient exprimé leur inquiétude face à cette décision, saluant son apport au sein de l’IHRA.
Au-delà du cas individuel, les signataires estiment que cette éviction pose la question de l’indépendance des experts et du rôle du débat dans les sociétés démocratiques. Ils réaffirment enfin leur soutien à Joël Kotek, jugeant que son exclusion pourrait fragiliser la crédibilité des instances engagées dans la lutte contre l’antisémitisme.