« Abandonner sa compagne est une stratégie pour faire de meilleures performances sur Strava » : Emma Fourreau fait rire les réseaux
Emma Fourreau affirme que des femmes seraient « de plus en plus » abandonnées par leur conjoint en randonnée, parfois au nom de la performance sur Strava. Problème : aucune statistique ne permet d’établir l’ampleur ni la progression du phénomène. Sa vidéo a surtout déclenché une avalanche de sarcasmes, jusqu’à une parodie de Sophia Aram.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
L’eurodéputée LFI Emma Fourreau présente le « divorce alpin » comme une « nouvelle forme de domination » et évoque même Strava. Sans données établissant une hausse du phénomène, sa vidéo a déclenché les moqueries, dont une parodie féroce de Sophia Aram.
Le patriarcat avait déjà investi le foyer, l’entreprise, la rue, les transports et les loisirs. À en croire Emma Fourreau, il faut désormais le chercher jusque sur les sentiers de randonnée — et même dans les statistiques Strava des marcheurs un peu trop compétitifs.
Dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux il y a quelques jours, l’eurodéputée de La France insoumise s’est emparée du « divorce alpin », expression devenue virale ces derniers mois pour désigner les personnes laissées derrière par leur conjoint au cours d’une randonnée.
L'élue ouvre sa démonstration par un avertissement pour le moins général : « Si vous êtes une femme, partir en randonnée en montagne avec votre partenaire peut s’avérer dangereux. »
Si vous êtes une femme, partir en randonnée en montagne avec votre partenaire peut s’avérer dangereux.
Emma Fourreau
Et devant ceux auxquels cette affirmation pourrait sembler absurde, Emma Fourreau prévient : « Les abandons de femmes sont de plus en plus fréquents. Ça a l’air totalement délirant, mais c’est malheureusement vrai. »
Seulement voilà : si des témoignages existent bel et bien, aucune statistique officielle disponible ne permet actuellement de mesurer l'ampleur du « divorce alpin », et encore moins d'établir que ces abandons seraient « de plus en plus fréquents ». L'expression elle-même ne correspond à aucune catégorie statistique ou juridique.
Ce détail n'empêche pas Emma Fourreau de tirer du phénomène une conclusion autrement ambitieuse : « Avec cette nouvelle forme de domination, la violence patriarcale est sur tous les terrains, et donc la lutte féministe doit se mener partout. »
Des femmes abandonnées en montagne par leur conjoint ?
— Emma Fourreau (@emma_frr) August 13, 2026
L’été et le retour des randonnées nous rappellent que la violence patriarcale s’exerce sur tous les terrains.
Notre lutte féministe est nécessaire partout et tout le temps ! pic.twitter.com/Q9mdHV1IQY
D'un drame authentique à une théorie générale
Il faut pourtant distinguer ce qui relève de la polémique de ce qui relève d'un drame bien réel. Emma Fourreau évoque le cas d'une Autrichienne de 33 ans morte d'hypothermie en janvier 2025 à quelques dizaines de mètres du sommet du Grossglockner, qui culmine à 3.798 mètres. Son compagnon, alpiniste plus expérimenté, l'avait laissée seule alors qu'elle était épuisée au cours d'une ascension hivernale particulièrement difficile.
Il ne s'agit donc évidemment pas de tourner ce drame en dérision. Laisser une personne épuisée à près de 3.800 mètres d'altitude en plein hiver peut être mortel — et, dans cette affaire, l'a été.
La question commence ailleurs : peut-on partir de cette tragédie et de témoignages apparus sur les réseaux sociaux pour conclure à une « nouvelle forme de domination » spécifiquement patriarcale ?
Emma Fourreau franchit le pas. Elle évoque « de nombreuses femmes » parties avec leur petit ami ou leur mari avant de se retrouver abandonnées, « parfois même sans eau, sans nourriture, sans carte ni GPS ». Selon elle, ces récits présenteraient un autre point commun : les femmes concernées se trouveraient « souvent déjà dans une relation toxique ».
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