« On va faire les valises et aller vivre à Moscou ? » : la charge de Bouchez contre le PTB (et le PS) à Mons
Au conseil communal de Mons, Georges-Louis Bouchez a lancé une longue charge contre le PTB et les régimes communistes. Le président du MR en a surtout profité pour reprocher au bourgmestre Nicolas Martin (PS) son alliance avec le parti de gauche radicale.
Publié par Rédaction
Résumé de l'article
- Bouchez a consacré une partie de son intervention à dénoncer l'héritage des régimes communistes.
- Le président du MR reproche à Nicolas Martin d’avoir « légitimé et normalisé » le PTB à Mons.
- Il assure qu’il ne fera « jamais » alliance avec « l’extrême gauche » ou « l’extrême droite ».
Georges-Louis Bouchez a profité du dernier conseil communal de Mons pour lancer une longue charge contre le PTB et, au-delà, contre le choix du bourgmestre socialiste Nicolas Martin d’avoir associé le parti de gauche radicale à sa majorité. Le président du MR affirme pour sa part qu’il ne participera « jamais » à une coalition avec « l’extrême gauche » ou « l’extrême droite ».
Le débat montois a pris des accents de Guerre froide. Pour attaquer le PTB, Georges-Louis Bouchez a convoqué l’histoire des régimes communistes et les mouvements de population entre l’Est et l’Ouest.
« Vous avez déjà vu beaucoup de gens à la chute du mur de Berlin qui se sont dit : “Ah ben écoute chéri, fais les valises, c’est formidable, on va aller vivre à Moscou” ? », a-t-il lancé. « Par contre, dans l’autre sens, ça, il y en a eu quelques-uns. »
Une formule qui rappelle une tirade de l’humoriste Gaspard Proust sur le communisme. "Pour moi tout le monde est de droite, les gens de gauyche, ça n'existe pas. Vous en connaissez vous des gens de gauche qui à la chute du mur de Berlin se sont enfouis à l'Est ?".
« Une idéologie totalitaire »
Le président du MR a également pris Cuba pour exemple, évoquant les Cubains ayant quitté l’île pour les États-Unis. Selon lui, l’histoire des régimes se réclamant du communisme montre que cette idéologie a conduit à la répression politique et à la restriction des libertés.
« Il faut arrêter de donner une fausse sympathie à cette idéologie », a-t-il affirmé, la qualifiant de « totalitaire » et l’accusant d’avoir « privé l’opposition d’exister » ainsi que restreint les libertés religieuses et d’expression.
Georges-Louis Bouchez s’en est également pris à la politique internationale du PTB, qu’il accuse de prendre « systématiquement » position contre les intérêts occidentaux. « Je suis un Occidental et oui, mes intérêts sont souvent, comme ceux de la population, plus proches de ceux des États-Unis que de l’ensemble des régimes que vous soutenez », a-t-il lancé à un élu du PTB.
Nicolas Martin directement visé
Mais derrière le débat idéologique, c’est surtout Nicolas Martin qui était la cible politique de cette intervention. Après les élections communales d’octobre 2024, la Liste du Bourgmestre avait obtenu 22 sièges sur 45, à une voix de la majorité absolue. Nicolas Martin avait finalement constitué une coalition avec Ecolo et le PTB. Avec quatre élus, ce dernier entrait ainsi pour la première fois dans un collège communal en Wallonie.
Un choix que Georges-Louis Bouchez combat depuis la formation de cette majorité. « Vous avez fait des choix de stratégie politique, grand bien vous fasse », a-t-il lancé au bourgmestre, avant de l'accuser de « légitimer et normaliser le PTB ».
Le président du MR a surtout voulu tracer sa propre ligne rouge : « Quel que soit le schéma politique, jamais je ne ferai d’alliance avec l’extrême droite. » Et d’ajouter : « Il y a un principe fondamental, c’est qu’on ne travaille jamais avec l’extrême gauche, ni avec l’extrême droite. »
Pour Georges-Louis Bouchez, le PS a franchi cette ligne en choisissant de gouverner Mons avec le PTB. Une alliance qui, près de deux ans après sa conclusion, continue donc d’alimenter l’affrontement entre les deux principales figures politiques montoises.