Pestiféré à Hollywood, Kevin Spacey plus que bienvenu à Cannes
Boycotté par Hollywood depuis le début du mouvement #MeToo, Kevin Spacey a pourtant retrouvé mercredi soir les lumières du tapis rouge à Cannes.
Publié par Rédaction
Résumé de l'article
-Boycotté par Hollywood depuis les accusations d’agressions sexuelles apparues en 2017, Kevin Spacey a pourtant retrouvé les projecteurs en montant les marches du Festival de Cannes 2026.
-Acquitté à Londres en 2023 puis sorti d’un procès civil par un accord, l’acteur reste un symbole embarrassant des lignes mouvantes entre justice, réputation et réhabilitation.
L’acteur américain, dont la carrière a été brutalement stoppée après plusieurs accusations d’agressions sexuelles, a monté les marches du Festival de Cannes 2026 à l’occasion de la présentation de La Bataille de Gaulle, superproduction française réalisée par Antonin Baudry.
Une image forte
L’image est forte. À Hollywood, Kevin Spacey reste largement infréquentable. À Cannes, il est apparu souriant, sous les flashs, comme si la parenthèse judiciaire avait suffi à refermer l’affaire. L’acteur de 66 ans s’était fait très discret depuis 2017, lorsqu’un comédien l’avait accusé de lui avoir fait des avances sexuelles inappropriées alors qu’il n’avait que 14 ans. D’autres hommes avaient ensuite formulé des accusations d’agressions sexuelles.
Quatre dossiers avaient pris le chemin de la justice. En 2023, Kevin Spacey a été acquitté par un tribunal londonien. Deux accusateurs l’ont ensuite poursuivi au civil, rejoints par un troisième homme. En mars dernier, l’acteur a conclu un accord avec eux, mettant fin aux poursuites et évitant un nouveau procès prévu en octobre.
L'acteur a toujours clamé son innocence
Oscarisé pour American Beauty, ancien visage de la série à succès House of Cards, Kevin Spacey a toujours clamé son innocence. Mais les accusations ont suffi à faire imploser sa carrière. Netflix l’avait licencié dès les premières révélations, au moment où #MeToo bouleversait l’industrie du cinéma.
Sa présence à Cannes interroge d’autant plus que le festival avait adopté, l’an dernier, une ligne plus stricte dans un autre dossier. En 2025, l’acteur Théo Navarro-Mussy, au casting du film Dossier 137, avait été empêché de monter les marches en raison d’accusations de violences sexuelles et d’une procédure judiciaire en cours. Thierry Frémaux avait alors justifié cette décision en expliquant que « quand la justice passe définitivement, cela devient différent ».
Dans le cas de Kevin Spacey, Cannes semble donc considérer que la justice a parlé. Hollywood, lui, n’a manifestement pas encore tourné la page.