La VRT mise à nu sur son enquête autour de la « manosphère »
Le philosophe Maarten Boudry a provoqué un moment marquant mardi soir dans l’émission de la VRT De Afspraak. Au milieu d’un débat, il a sorti un papier de sa poche - un e-mail interne de la VRT - qui laisserait entendre que le média public aurait volontairement écarté de sa couverture des chiffres concernant les jeunes d’origine étrangère.
Publié par Bram Bombeek
Résumé de l'article
-Maarten Boudry a accusé la VRT d’avoir écarté de sa couverture les données sur les jeunes d’origine étrangère dans son enquête sur les jeunes hommes, les rôles de genre et la « manosphère ».
-Il affirme avoir vu un e-mail interne demandant aux journalistes de ne pas inclure ce groupe dans les articles, alors que ces données auraient bien été collectées.
-La VRT dément toute dissimulation et explique que cette ventilation n’était pas statistiquement fiable, faute d’un échantillon suffisamment représentatif.
Pas moins de 17 % des jeunes de 12 à 17 ans ont déclaré être d’accord avec l’idée qu’un homme peut frapper une femme.
Le débat dans De Afspraak portait sur 'De Foto van Vlaanderen', une vaste enquête sociétale commandée par la VRT auprès de plus de 2.000 Flamands âgés de 12 ans et plus. Les résultats liés à une affirmation précise ont particulièrement frappé les esprits : pas moins de 17 % des jeunes de 12 à 17 ans ont déclaré être d’accord avec l’idée qu’un homme peut frapper une femme. Dans les tranches d’âge de 18 à 24 ans et de 25 à 44 ans, ce pourcentage atteignait encore 16 %.
La VRT en tire la conclusion qu’« un nombre étonnamment élevé de jeunes hommes adhèrent à des idées conservatrices, par exemple en ce qui concerne les personnes LGBTQIA+ ou les rôles entre hommes et femmes ». L’explication avancée renvoyait explicitement à la « manosphère » et à la « machine de guerre sur les réseaux sociaux ».
Que dit le Coran ?
« Je suis désolé de devoir aborder ce sujet », a déclaré Boudry, « mais il existe un livre sacré dans lequel il est littéralement écrit que l’homme peut frapper une femme. Je suis donc naturellement curieux de savoir ce que donnent ces chiffres lorsqu’on les ventile entre chrétiens, musulmans… »
Le présentateur Bart Schols l’a interrompu, affirmant qu’il n’y avait pas suffisamment de données pour tirer des conclusions à partir du volet consacré à l’origine. Liekens a nuancé en rappelant que des études antérieures montrent bien un lien avec le contexte familial et culturel, tout en soulignant qu’il ne s’agit certainement pas exclusivement de jeunes musulmans.
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