Peterbos : le procès du trafic de drogues reporté au 1er septembre
Le vaste dossier du Peterbos, à Anderlecht, devra encore attendre. Le tribunal correctionnel francophone de Bruxelles a renvoyé l’affaire au 1er septembre pour une seconde audience d’introduction.
Publié par A.G.
En toile de fond : un trafic de stupéfiants présumé en organisation criminelle, installé au coeur d’un quartier bruxellois où vivent des familles et où le parc voisin est censé rester un lieu de promenade, de passage et de respiration.
Le dossier Peterbos a été pris une première fois à l’audience jeudi matin par le tribunal correctionnel francophone de Bruxelles. Mais les débats n’ont pas encore pu réellement commencer. L’affaire a été renvoyée au 1er septembre, à 14h00, pour une seconde audience d’introduction.
Ce report s’explique notamment par la situation procédurale de deux inculpés, qui ont interjeté appel de leur ordonnance de renvoi en correctionnelle. Leur cas devrait être clarifié d’ici le début du mois de septembre. Le tribunal espère toujours pouvoir ouvrir les débats à la mi-octobre, a indiqué la présidente de la chambre correctionnelle.
10 prévenus présents dans la salle, certains en prison !
L’affaire concerne un trafic de stupéfiants présumé mené en organisation criminelle depuis le quartier du Peterbos, à Anderlecht. Une dizaine de prévenus étaient présents jeudi matin devant les juges correctionnels pour ce premier état des lieux. Certains sont détenus dans le cadre de ce dossier, d’autres pour d’autres causes.
Au-delà de la procédure, ce dossier illustre une réalité devenue presque banale, mais qui ne devrait jamais l’être : l’installation durable du trafic de drogues au coeur même de la Région bruxelloise. Le Peterbos n’est pas une zone abstraite sur une carte judiciaire. C’est un quartier habité. Des enfants y grandissent, des familles y circulent, des habitants y tentent de vivre normalement. Le parc du Peterbos, situé à proximité immédiate des immeubles, est un espace public fréquenté, notamment par des riverains et des familles. C’est précisément ce contraste qui rend l’affaire si inquiétante : le narcotrafic ne se cache plus dans les marges. Il s’installe dans les lieux de vie.
Un procès attendu à l’automne
Le dossier judiciaire vise à déterminer les responsabilités pénales de chacun. Mais sur le terrain, le constat est déjà lourd. Quand un quartier populaire devient un point de fixation du trafic, ce sont d’abord les habitants qui paient le prix : peur, pression, présence de guetteurs, sentiment d’abandon, dégradation de l’espace public. Le Peterbos est ainsi devenu l’un des symboles les plus sensibles de la crise bruxelloise liée aux stupéfiants.
Le procès attendu à l’automne ne portera donc pas seulement sur une série de faits pénaux. Il dira aussi quelque chose de l’état de Bruxelles, de la capacité de la justice à répondre à des réseaux organisés, et de la volonté des autorités de rendre aux habitants des quartiers comme le Peterbos ce qui devrait leur appartenir en premier lieu : la tranquillité, la sécurité et l’usage normal de leur propre environnement.