Des syndicalistes belges tournent le dos au président du Sénat italien à Marcinelle : Meloni dénonce un geste « honteux »
Des syndicalistes belges ont tourné le dos au président du Sénat italien Ignazio La Russa pendant la commémoration des 70 ans de la catastrophe de Marcinelle. Giorgia Meloni dénonce un « geste grave et honteux » et un manque de respect envers la mémoire des 262 victimes.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Des syndicalistes belges ont tourné le dos au président du Sénat italien lors des commémorations de Marcinelle. Giorgia Meloni dénonce un geste « grave et honteux ».
La commémoration des 70 ans de la catastrophe du Bois du Cazier a été rattrapée par la politique. Des syndicalistes belges ont tourné le dos au président du Sénat italien, Ignazio La Russa, pendant son discours samedi à Marcinelle. Une attitude qui a provoqué la colère de Giorgia Meloni.
La cérémonie devait avant tout rendre hommage aux 262 personnes mortes le 8 août 1956 dans l'incendie de la mine du Bois du Cazier, parmi lesquelles 136 Italiens.
Plusieurs centaines de personnes étaient réunies samedi sur le site de Marcinelle pour ce 70e anniversaire. Après la lecture des noms des victimes, plusieurs responsables ont pris successivement la parole.
Les syndicalistes tournent le dos à La Russa
Lorsque le président du Sénat italien, Ignazio La Russa, est monté à la tribune, des syndicalistes belges présents dans l'assistance ont choisi de manifester silencieusement leur opposition en lui tournant le dos.
La Russa appartient à Fratelli d'Italia, le parti de Giorgia Meloni. Figure historique de la droite italienne, son parcours politique et ses déclarations sur le fascisme italien ont régulièrement suscité des polémiques.
Mais le choix d'une cérémonie consacrée aux victimes de Marcinelle pour exprimer cette opposition politique a vivement fait réagir à Rome.
Meloni dénonce un « geste grave et honteux »
Giorgia Meloni n'a pas tardé à condamner l'attitude des syndicalistes belges.
La présidente du Conseil italien dénonce « une contestation politique transformée en un geste de mépris envers les institutions de l'État ».
« Marcinelle n'est pas le lieu pour les divisions politiques. C'est un lieu de mémoire, de respect et de dignité du travail », a-t-elle déclaré sur les réseaux sociaux.
Pour la dirigeante italienne, ceux qui ont choisi de tourner le dos au deuxième personnage de l'État italien ont ainsi dépassé la simple contestation de sa famille politique.
« Ceux qui ont choisi aujourd'hui de tourner le dos ont manqué de respect à tout cela », a-t-elle ajouté, qualifiant l'incident de « geste grave et honteux ».
La politique s'invite dans une commémoration hautement symbolique
L'incident prend une dimension particulière en raison de la place occupée par la catastrophe de Marcinelle dans la mémoire collective italienne.
Sur les 262 victimes du Bois du Cazier, plus de la moitié étaient italiennes. La catastrophe reste ainsi l'un des symboles les plus puissants de l'histoire de l'immigration ouvrière italienne en Belgique et des conditions extrêmement difficiles dans lesquelles travaillaient alors les mineurs.
Soixante-dix ans plus tard, la cérémonie qui devait réunir Belges et Italiens autour de cette mémoire commune aura donc été brièvement transformée en théâtre de confrontation politique.
Pour Giorgia Meloni, la limite a précisément été franchie à cet endroit : quelles que soient les opinions que peut susciter Ignazio La Russa, estime-t-elle en substance, Marcinelle n'était ni le lieu ni le moment pour les manifester de cette manière.