Michel Claise : "Les mafias font du blanchiment avec des hôtels en Albanie et de l'immobilier au Maroc"
Ancien juge d’instruction devenu figure de proue de la lutte contre la corruption et le blanchiment, Michel Claise salue le projet de parquet financier porté par la majorité Arizona. Pour l’élu DéFI, la Belgique peut récupérer des sommes considérables en frappant les réseaux criminels au portefeuille.
Publié par Demetrio Scagliola
• Mis à jour le
Résumé de l'article
- Michel Claise affirme se battre depuis plus de dix ans pour la création d’un parquet financier.
- L’ancien magistrat estime que la Belgique sous-estime l’ampleur de la criminalité financière et du blanchiment.
- Il considère que le narcotrafic a forcé le monde politique à ouvrir les yeux sur l’argent des mafias.
- Selon lui, un parquet financier efficace pourrait permettre à l’État de récupérer des montants «bien supérieurs» aux estimations officielles.
21 News : Michel Claise bonjour, vous avez découvert le projet de parquet financier présenté par la majorité Arizona. Votre première réaction ?
Michel Claise : Une réaction positive, évidemment, je vois que ce que les projets que je porte depuis des années pour lutter contre la fraude, la corruption et le blanchiment d’argent ont été entendus.
21 News : Un long combat, en ce qui vous concerne…
Michel Claise : Ça fait plus de 10 ans que je souhaite que ce projet soit mené à bien. Mon parti, DéFI, avait déposé sa proposition de loi qui avait été jetée comme un kleenex usagé, notamment par le MR, et puis au dernier moment, les Engagés vont s'approprier ce qui est au départ notre travail. Alors moi ça me fait sourire, c'est ce que je dis toujours : nous en sommes les parents biologiques et les Engagés ce sont vraiment les parents adoptifs. Mais tant mieux parce qu'il faut avancer.
21 News : On est fort proche de votre proposition ?
Michel Claise : Très très proche, oui, , sauf sur un point : c'est le caractère indépendant du parquet national financier à l'instar du parquet national français. Ce qui n’est pas totalement le cas dans la version présentée par la ministre, où le parquet financier reste sous le contrôle du parquet fédéral. On a décidé, sans doute pour des motifs de nature plus politique que budgétaire, de toujours garder un œil au sein du parquet fédéral sur ce que fera le parquet financier. Donc il y a moins d'indépendance que dans le modèle du parquet national financier français par exemple, qui est une institution à part entière. Quand on veut lutter contre un phénomène comme la corruption publique, au plus on est indépendant, au plus on a les garanties que les actions soient menées. On peut le regretter, mais c'est vraiment le seul point de regret.
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