Philippe Brun dénonce une « manœuvre ourdie » au PS : « On a menti à la justice »
Philippe Brun contre-attaque après de nouvelles révélations du Canard enchaîné sur les circonstances de sa suspension du PS. Le député accuse son propre parti d’avoir menti sur l’origine d’un signalement tardif et évoque désormais une « manœuvre ourdie » par les entourages d’Olivier Faure et Boris Vallaud.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Philippe Brun accuse le PS d’avoir « menti au bureau national » et « à la justice » après les révélations du Canard enchaîné sur les circonstances de sa suspension.
La guerre est désormais ouverte entre Philippe Brun et la direction du Parti socialiste. Suspendu à titre conservatoire après des accusations de violences formulées par une ancienne collaboratrice et écarté de la primaire de la gauche, le député de l’Eure accuse désormais directement son parti d’avoir menti pour justifier son éviction.
Dans un message publié sur X, Philippe Brun s’appuie sur de nouvelles informations du Canard enchaîné concernant les heures qui ont précédé sa suspension. Selon l’hebdomadaire satirique, Johanna Rolland, alors à la tête du PS par intérim, aurait reçu un appel le 15 septembre à 23 h 50, dix minutes avant la clôture du dépôt des candidatures à la primaire.
🔴 URGENT - REVELATIONS DU CANARD ENCHAINÉ
— Philippe Brun (@p_brun) September 22, 2026
Le Canard enchaîné à paraître ce mercredi révèle que la plaignante dont les allegations supposées ont causé ma suspension n'a jamais appelé le siège du PS à 23h50 le mardi 15 septembre, contrairement à ce qui a éte fermement indiqué aux… pic.twitter.com/0qZF1s9q2Z
Mais contrairement à ce qui aurait été présenté au bureau national, cet appel ne serait pas venu de l’ancienne collaboratrice mettant en cause Philippe Brun.
« On a menti au bureau national »
Selon Le Canard enchaîné, c’est Sarah Kerrich, directrice de cabinet d’Olivier Faure, qui aurait appelé Johanna Rolland pour l’alerter sur les faits reprochés au député. L’hebdomadaire cite également Alexandre Ouizille, sénateur et proche de Boris Vallaud, parmi les responsables ayant poussé la direction du parti à examiner le cas Brun.
Un récit dont s’est immédiatement saisi le député de l’Eure.
« On a menti au bureau national. On a fait croire qu’une plaignante s’était tardivement manifestée avec des faits particulièrement graves. Il n’en est rien », accuse Philippe Brun.
On a menti au bureau national. On a fait croire qu’une plaignante s’était tardivement manifestée avec des faits particulièrement graves. Il n’en est rien.
Philippe Brun
L’élu va plus loin encore. À l’issue de l’audience consacrée à son référé visant à obtenir sa réintégration au PS et dans la primaire, il affirme que le parti n’aurait produit « aucune preuve écrite ou orale qu’un témoignage ou saisine de violences physiques aurait été transmis ».
« On a menti à la justice, à qui on a fait croire que la plaignante s’était tardivement manifestée le mardi 15 septembre au soir », poursuit-il.
Une « manœuvre ourdie » au sommet du PS, selon Brun
Philippe Brun tire de ces nouveaux éléments une conclusion particulièrement lourde politiquement. Selon lui, son exclusion ne résulterait pas simplement de l’apparition tardive d'accusations suffisamment graves pour provoquer une mesure conservatoire.
« Il apparaît donc que mon exclusion serait une manœuvre ourdie par les bras droits des deux principaux dirigeants du Parti socialiste », écrit-il, visant ainsi les entourages d’Olivier Faure et de Boris Vallaud.
Il apparaît donc que mon exclusion serait une manœuvre ourdie par les bras droits des deux principaux dirigeants du Parti socialiste.
Philippe Brun
Le calendrier nourrit ses accusations. Philippe Brun avait déposé les parrainages nécessaires pour participer à la primaire avant d’être suspendu à titre conservatoire. Le PS avait alors expliqué avoir été saisi de « faits graves susceptibles de relever du pénal ». Sa suspension avait entraîné son éviction de la compétition.
Le député avait immédiatement dénoncé une tentative de le « tuer politiquement » et annoncé une plainte pour dénonciation calomnieuse. Il affirme ne jamais avoir été violent et assure ne pas connaître précisément les faits qui lui sont reprochés.
Le Canard pointe aussi des alertes bien antérieures
Les révélations du Canard enchaîné ne confortent toutefois pas l’ensemble du récit de Philippe Brun. L’hebdomadaire rapporte également que son ancienne collaboratrice aurait alerté la cellule harcèlement de l’Assemblée nationale dès le 1er avril et que des responsables socialistes auraient eu connaissance de difficultés plusieurs mois avant la suspension du député.
Elle aurait ensuite directement interpellé des responsables du parti en juin et effectué un signalement auprès de la Commission indépendante de lutte contre le harcèlement et les discriminations, faisant état de « violences psychologiques et physiques ».
Le journal résume ainsi l’affaire d'une manière sensiblement différente de Philippe Brun : le dossier montrerait surtout un PS « bien lent à entendre les alertes », avant de devenir subitement très pressé d’agir à l’approche de la primaire.
C’est ce changement de calendrier qui permet aujourd’hui à Philippe Brun de retourner l’affaire contre son propre parti. Après avoir dénoncé les « apparatchiks » et les « professionnels de la politique » qui auraient « tué le parti de Jean Jaurès », le député accuse désormais ouvertement des proches des principaux dirigeants socialistes d’avoir organisé son éviction. « Je me battrai jusqu’au bout pour défendre mon honneur », promet-il.