Magnette sur le gouvernement : « Ils ont fait totalement fausse route. Espérons qu’ils prennent ces 10 jours pour changer totalement de voie »
Alors que Bart De Wever dispose de dix jours supplémentaires pour tenter de sortir de l'impasse budgétaire, Paul Magnette attaque le bilan de la coalition Arizona. Le président du PS réclame davantage de justice fiscale et accuse le gouvernement d'avoir aggravé la situation économique du pays.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Paul Magnette attaque le bilan du gouvernement Arizona et réclame un changement de cap fiscal après les dix jours supplémentaires accordés à Bart De Wever.
Le sursis accordé au gouvernement fédéral n'a pas tardé à susciter les réactions de l'opposition. Ce vendredi 6 novembre, Paul Magnette a profité des dix jours supplémentaires dont dispose Bart De Wever pour négocier un accord budgétaire pour adresser une nouvelle charge contre la coalition Arizona.
Dans un message publié sur X, le président du Parti socialiste appelle le MR, la N-VA et Les Engagés à revoir profondément leurs orientations économiques et fiscales. « 10 jours pour que le gouvernement MR/N-VA/Les Engagés tente une énième fois de boucler un budget. 10 jours pour rétablir plus d'égalité, de justice fiscale dans les efforts à faire », écrit-il.
Le socialiste poursuit sur le même ton : « 10 jours pour espérer qu'ils changent enfin de formule, arrêtent de vider les poches des citoyens. »
10 jours pour que le gouvernement MR/N-VA/Les Engagés tente une énième fois de boucler un budget.
— Paul Magnette (@PaulMagnette) November 6, 2026
10 jours pour rétablir plus d’égalité, de justice fiscale dans les efforts à faire.
10 jours pour espérer qu’ils changent enfin de formule, arrêtent de vider les poches des…
Paul Magnette ne se contente pas de réclamer une autre répartition de l'effort budgétaire. Il dresse également un réquisitoire contre le bilan économique du gouvernement. « Parce qu'en 2 ans, ils ont surtout coupé dans les salaires, les pensions. Ils ont fait doubler le déficit, diminuer la croissance et affaiblit l'économie », affirme-t-il sur X.
« Ils ont fait totalement fausse route. Espérons qu'ils prennent ces 10 jours pour changer totalement de voie », conclut le président du PS sur ce point.
Taxer les grands patrimoines et les entreprises énergétiques
Pour sortir de l'impasse, Paul Magnette défend les recettes fiscales traditionnellement privilégiées par son parti, à commencer par une contribution accrue des plus fortunés.
« Car, oui des alternatives existent : enfin faire contribuer les grands patrimoines, les géants du pétrole et de l'énergie qui enregistrent des milliards de profits pendant que beaucoup comptent les degrés de chauffage de leur logement et les litres de leur plein de carburant », écrit-il.
Le président du PS oppose ainsi une augmentation de la fiscalité sur les patrimoines et les grandes entreprises à la politique d'économies et de réformes menée par la majorité fédérale. Son message ne précise toutefois ni les taux envisagés ni les recettes attendues de ces prélèvements.
Cette intervention survient au lendemain d'une semaine de crise politique. Après l'échec des négociations sur un effort budgétaire d'environ 10 milliards d'euros d'ici 2029, Bart De Wever avait présenté lundi la démission de son gouvernement au roi Philippe, qui la lui a refusée.
À l'issue de consultations avec les présidents des cinq partis de la majorité, le souverain a finalement chargé le Premier ministre de reprendre les négociations. Bart De Wever devra lui faire rapport le 16 novembre.
Les partenaires de l'Arizona restent notamment divisés sur la répartition des efforts entre économies budgétaires et nouvelles recettes fiscales. Le MR défend une limitation des hausses d'impôts, tandis que Vooruit et Les Engagés réclament une contribution plus importante des contribuables les plus aisés.
En ciblant particulièrement le MR, la N-VA et Les Engagés, Paul Magnette laisse d'ailleurs de côté deux autres composantes de la majorité : Vooruit et le CD&V.
Reste à savoir si les dix jours accordés par le Palais permettront aux cinq partenaires de surmonter leurs désaccords. Pour le président du PS, la réponse ne devrait pas seulement prendre la forme d'un compromis budgétaire, mais d'un changement complet de cap politique.