Philippe Karsenty sur le protocole d'accord USA-Iran : « Une victoire militaire éclatante transformée en défaite stratégique et diplomatique »
Porte-parole du Comité Trump France, Philippe Karsenty porte un regard très critique sur le protocole d’accord entre les États-Unis et l’Iran. Selon lui, Donald Trump a été mal conseillé, en particulier par JD Vance, et Washington risque de transformer une supériorité militaire israélo-américaine en succès diplomatique pour Téhéran.
Publié par Nicolas de Pape
• Mis à jour le
Résumé de l'article
Philippe Karsenty juge l’accord Iran-USA très défavorable à Washington et à Israël, estimant qu’une victoire militaire israélo-américaine risque d’être transformée en défaite stratégique.
Il accuse JD Vance d’avoir poussé Donald Trump vers une ligne dangereuse, trop conciliante envers Téhéran et ses alliés régionaux.
Selon lui, les objectifs essentiels - nucléaire, missiles, proxies, affaiblissement du régime - n’ont pas été atteints.
Il voit enfin dans le Qatar un acteur stratégique majeur de cette séquence, qu’il accuse d’exercer une influence profonde en Occident.
« Les objectifs de guerre n’ont pas été atteints »
21News : Vous avez été très critique à l’égard du mémorandum d’entente entre les États-Unis et l’Iran. Pourquoi ?
Philippe Karsenty : Je suis très critique, oui. Même horrifié par ce qui est en train de se passer. J’y vois une dérive très inquiétante, que j’attribue en grande partie à JD Vance. Il faut rappeler qui est JD Vance et dans quel entourage il évolue. Dans son équipe, on y retrouvait le fils de Tucker Carlson. Or Tucker Carlson appartient à cette mouvance américaine antisémite et anti-israélienne qui s’est rapprochée de personnalités comme Candace Owens ou Megyn Kelly, avec des discours complotistes et, à mes yeux, très problématiques. Pour mémoire, Candace Owens est aussi celle qui fait des vidéos pour expliquer que Brigitte Macron est un homme.
Ce qui me choque, c’est de voir JD Vance menacer Israël tout en composant avec des acteurs comme la République islamique d’Iran, le Pakistan, le Qatar, la Turquie ou encore certains nouveaux responsables syriens issus de mouvances jihadistes comme le président syrien (Trump a songé à lui pour vaincre le Hezbollah libanais, NDLR). C’est extrêmement grave.

Sur le fond, les objectifs de guerre n’ont pas été atteints. L’accord est très favorable à l’Iran et défavorable aux États-Unis et au monde libre. À mes yeux, la seule chance désormais, c’est que ce texte n’aille pas au bout et qu’il se fracasse dans les soixante jours contre la réalité de la turpitude et la duplicité du régime en place à Téhéran.
21News : Vous pensez que JD Vance a pris l’ascendant sur Donald Trump, alors que Marco Rubio défend une ligne beaucoup plus dure ?
Philippe Karsenty : Oui, il y a clairement une ligne Rubio et une ligne Vance. Moi, je me situe du côté de Rubio, Hegseth, Ted Cruz et des républicains classiques, qui comprennent la menace iranienne. Je parlais encore récemment avec quelqu’un qui travaille auprès du gouverneur du Texas. Là-bas, beaucoup de gens ne comprennent pas ce qui se passe. Pour eux, un accord pareil est tout simplement incompréhensible.
21News : Donald Trump n’a-t-il pas voulu éviter l’enlisement ? Il a peut-être considéré que la guerre éclair n’avait pas renversé le régime iranien et qu’il fallait couper les frais et faire rentrer les « boys » à la maison…
Philippe Karsenty : C’est une manière de présenter les choses. On pourrait dire: Trump a compris qu’il ne fallait pas s’entêter, contrairement à Vladimir Poutine en Ukraine. Il aurait constaté que sa guerre n’aboutissait pas et aurait préféré arrêter les frais.
Mais ce n’est pas ma lecture. Pour moi, la victoire était au bout du canon. Il y avait une possibilité réelle de gagner. Arrêter aussi vite, sans laisser le temps aux événements de produire leurs effets, me paraît absurde.
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