Pourquoi l’Europe est devenue le nouveau champ de bataille de MAGA
Derrière les attaques répétées de l’administration Trump contre Bruxelles se dessine une véritable doctrine. Pour la nouvelle droite américaine, l’Europe est le berceau d’une civilisation occidentale menacée par l’immigration, la censure et l’effacement des nations.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Immigration, liberté d’expression, souveraineté : la nouvelle droite américaine a fait de l’Europe un champ de bataille idéologique et prétend désormais la « sauver » de son déclin.
Sommaire
- « L’Europe commet un suicide civilisationnel »
- Quand l’Europe devient une affaire américaine
- « Cultiver la résistance » en Europe
- Immigration, censure et Bruxelles
- La droite technologique a elle aussi ses comptes à régler
- Une Amérique isolationniste mais qui veut changer l’Europe
- L’Amérique a sans doute changé
Pendant des décennies, l’Europe s’est habituée à une Amérique qui lui demandait davantage de libre-échange, d’ouverture économique et de dépenses militaires. Avec Donald Trump, la querelle transatlantique a changé de nature.
Ce n’est désormais plus seulement de commerce, de droits de douane ou de l’Otan qu’il est question. Une partie de l’administration américaine considère que l’Europe souffre d’un mal beaucoup plus profond : elle serait en train de perdre la civilisation dont elle est pourtant issue.
Immigration massive, restrictions à la liberté d’expression, transfert de souveraineté vers Bruxelles, affaiblissement des identités nationales : la nouvelle droite américaine ne voit plus ces sujets comme de simples affaires intérieures européennes. Elle les considère comme les différents fronts d’une bataille pour l’avenir de l’Occident.
Le Financial Times a plongé dans cet univers intellectuel qui s’est considérablement structuré entre les deux mandats de Donald Trump. Derrière les provocations de Washington apparaît une doctrine beaucoup plus construite qu’il n’y paraît.
« L’Europe commet un suicide civilisationnel »
Kevin Roberts, président de la Heritage Foundation, puissant think tank conservateur qui a participé à l’élaboration du programme du second mandat de Donald Trump, résume brutalement cette vision.
« Nous ne sauverons pas l’Occident si l’Europe ne se ressaisit pas », explique-t-il au FT, affirmant craindre depuis près de vingt ans que le continent ne soit engagé dans un « suicide civilisationnel ».
Nous ne sauverons pas l’Occident si l’Europe ne se ressaisit pas.
Kevin Roberts
La civilisation dont parle Roberts aurait 3.500 ans. Sa généalogie passe par Jérusalem, Athènes, Rome, Londres, avant d’aboutir à Philadelphie, berceau de l’indépendance américaine.
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