Pré-accord USA-Iran : Pas si catastrophique, sauf pour le peuple iranien (analyse)
En attendant avec une grande prudence le texte final qui devrait être publié après signature des Américains et des Iraniens à Genève vendredi, on peut considérer le pré-accord USA-Iran n’est pas si mauvais pour Donald Trump. Le vrai grand perdant est le peuple iranien.
Publié par Nicolas de Pape
Résumé de l'article
Le pré-accord USA-Iran n’est pas forcément un échec pour Trump : il évite l’enlisement, rassure les marchés, gagne du temps et lui permet de vendre une victoire avant les midterms.
Israël, lui, voit surtout une menace repoussée mais pas supprimée : tant que la République islamique survit, le danger nucléaire, balistique et régional demeure.
L’Iran a compris que son assurance-vie n’est pas seulement le nucléaire, mais aussi Ormuz, les milices, les drones, les missiles et sa capacité à faire trembler l’économie mondiale.
Le vrai perdant reste le peuple iranien : le régime survit, pourra crier victoire, et risque de faire payer sa fragilité extérieure par une répression intérieure accrue.
Les « commentateurs » imprudents n’ont pas attendu d’en savoir plus sur les détails de l’accord (renoncement réel du nucléaire militaire par l’Iran ? Quid des missiles balistiques et du soutien aux proxys ?), ils ont… commenté : “Tout ça pour ça ?” « Une guerre pour rien. » « Des morts pour rien. » « Les États-Unis n’ont atteint aucun de leurs objectifs. » Trump aurait reculé. L’Iran a gagné. Le régime n’a pas été renversé. La menace nucléaire ne serait pas définitivement effacée…
Ce sont des questions légitimes. Mais c'est une nouvelle fois prématuré et intempestif.
Donald Trump n’a jamais fixé l’objectif du changement de régime. Il n’a quasi jamais évoqué le sort de la population iranienne sauf pour constater – à tort d’ailleurs - que « le régime ne pend plus les opposants ».
Or Trump ne pouvait probablement pas aller beaucoup plus loin. Pour renverser la République islamique, il aurait fallu des troupes au sol, des mois voire des années de guerre, des milliards supplémentaires, conserver en novembre une majorité au Congrès et une opinion publique prête à refaire l’Irak, en pire. Qui peut sérieusement y croire ? La base MAGA ne veut plus des guerres éternelles. Les Américains regardent surtout le prix du gallon. Et les midterms approchent. Si Trump perd le Congrès, sa guerre iranienne s’arrête de toute manière. Sans même mentionner les procédures de destitution qu’il subira une nouvelle fois si les Républicains perdent la majorité au Sénat et à la Chambre.
Pour continuer la lecture, abonnez-vous ou utilisez un crédit.
Déjà abonné(e) ? Se connecter