« Quand on dit la vérité il n’y a pas de limite » : Ségolène Royal persiste dans ses attaques contre Raphaël Glucksmann
À quelques heures du premier rendez-vous télévisé de la primaire sociale-démocrate, Ségolène Royal persiste dans ses attaques contre Raphaël Glucksmann. Elle met en cause l’impartialité de la commission qui l’a rappelée à l’ordre et prévient qu’elle pourrait ne pas soutenir le vainqueur en cas d’alliance avec les macronistes.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Ségolène Royal balaie le rappel à l’ordre reçu après ses attaques contre Raphaël Glucksmann et prévient qu’elle pourrait ne pas soutenir le vainqueur de la primaire en cas d’alliance avec les macronistes.
Vingt ans ou presque séparent les deux campagnes. Dans sa loge, après son premier meeting à Alfortville, Ségolène Royal reçoit le journaliste Paul Larrouturou, venu avec un souvenir : un ancien badge de sa campagne présidentielle de 2007. « C’était beau, Bordeaux. 5 avril 2007. C’est un collector, ça », réagit l’ancienne candidate à l’Élysée.
Dix-neuf ans plus tard, Ségolène Royal est de nouveau candidate, cette fois à la primaire de la gauche sociale-démocrate en vue de l’élection présidentielle de 2027. Elle explique son retour par « l’histoire », le contexte politique et ce qu’elle décrit comme le « dégoût sur les dix ans de macronisme ».
Mais à quelques heures de retrouver ses concurrents mercredi soir sur LCI, c’est surtout son affrontement avec Raphaël Glucksmann qui occupe la conversation.
« Il n’y a pas de limite »
Ségolène Royal avait provoqué une première polémique en comparant son concurrent à un « stagiaire ». Dans un entretien à Libération, elle avait estimé que l’eurodéputé manquait de l’expérience nécessaire pour prétendre diriger le pays : « Vous ne mettez pas un stagiaire à la tête d’une entreprise. C’est dangereux. »
Des propos qui avaient conduit la commission d’organisation de la primaire à intervenir. L’instance, présidée par Patrick Mennucci, avait dénoncé des « moqueries inadmissibles » et demandé « fermement » à Ségolène Royal de retrouver une attitude respectueuse et un « esprit de camaraderie ».
L’avertissement ne semble pas avoir impressionné l’intéressée. Interrogée par Paul Larrouturou sur les limites qu’elle entend désormais respecter, elle répond d’abord : « Des limites, non. La seule limite, c’est… il n’y a pas de limite. » Elle précise ensuite que sa véritable limite demeure « la dignité du débat », tout en revendiquant le droit de « dire les vérités ».
🎙️ [EXCLUSIF] Ségolène Royal maintient ses attaques contre Raphaël Glucksmann, « le stagiaire » : « 90 % des internautes pensent que j’ai raison. »
— Paul Larrouturou (@PaulLarrouturou) September 23, 2026
Le ferme rappel à l’ordre de la commission de la primaire la fait rire : « Ce sont des soutiens de Raphaël Glucksmann qui tiennent… pic.twitter.com/Vcjhd06b7l
Et lorsque le journaliste lui rappelle que la commission a précisément considéré son attaque contre Glucksmann comme excessive, Royal met directement en cause l’impartialité de l’instance : « C’est des soutiens de Raphaël Glucksmann qui disent ça, qui tiennent la commission, donc c’est pas très grave. »
Elle affirme également que « 90 % des internautes » lui auraient donné raison après sa sortie sur le « stagiaire ». Aucun sondage représentatif n’est cependant cité à l’appui de ce chiffre.
Elle pourrait ne pas soutenir le vainqueur
L’échange prend ensuite une tournure plus substantielle lorsque Ségolène Royal est interrogée sur l’après-primaire. Soutiendra-t-elle le candidat désigné si elle est battue ?
« S’il respecte la charte qui a été signée », répond-elle.
L’ancienne ministre explique que son engagement est conditionné à la stratégie qui sera adoptée après le scrutin. Selon elle, la charte prévoit « l’union de la gauche » mais pas un rapprochement avec le camp présidentiel.
« Si la stratégie au lendemain de la primaire, c’est une union avec les macronistes, non », tranche-t-elle.
Elle assure néanmoins qu’en théorie elle soutiendra le vainqueur, à condition que celui-ci respecte lui-même les engagements de la primaire. Une hypothèse sur laquelle elle ne souhaite d’ailleurs guère s’attarder : « De toute façon, je vais la gagner, la primaire. Je ne veux pas me poser la question. »
Les 15 euros et les débats, autres sujets de discorde
Ségolène Royal rejette par ailleurs l’idée, avancée notamment par François Hollande, selon laquelle une primaire pourrait devenir une « machine à perdre ». Pour elle, le principal problème du scrutin réside ailleurs : dans le prix demandé aux électeurs pour participer.
« Le problème, c’est le prix. C’est Raphaël Glucksmann qui a imposé les 15 euros. Moi, j’étais pour 4 euros, Olivier Faure aussi », affirme-t-elle.
Le montant demandé pour participer au scrutin fait effectivement l’objet de tensions depuis plusieurs semaines. Royal avait déjà accusé Raphaël Glucksmann d’avoir voulu « verrouiller le vote » en défendant une participation de 15 euros.
Autre pomme de discorde : les débats entre candidats. « Glucksmann a refusé les débats entre nous », assure Ségolène Royal, avant de confirmer en riant lorsque Paul Larrouturou lui demande si elle lui attribue personnellement cette décision.
Le désaccord sur le nombre de confrontations télévisées est réel. L’entourage de Raphaël Glucksmann défendait initialement l’organisation d’un seul débat, sur le service public, quand Ségolène Royal et plusieurs autres candidats en réclamaient trois. Le candidat de Place publique a toutefois déclaré depuis qu’« il y aura des débats » et qu’il les attendait avec impatience.
Le premier rendez-vous aura lieu ce mercredi soir sur LCI. Raphaël Glucksmann, Ségolène Royal, Olivier Faure, Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel doivent y apparaître ensemble pour la première fois depuis le lancement de la campagne. Royal assure qu’elle ne prépare aucun coup particulier : « Je vais être moi-même. » Quelques secondes auparavant, elle affichait déjà sa certitude sur l’issue de la compétition : « Je vais la gagner. »