« Qui pense que l'intégration fonctionne bien en France ? » : Édouard Philippe dénonce la police de la pensée de l'extrême gauche
Accusé par Jean-Luc Mélenchon de tenir des propos racistes sur l'immigration, Édouard Philippe contre-attaque. Depuis le littoral du Nord, l'ancien Premier ministre dénonce une « police de la pensée » et propose un débat au chef de file insoumis, qui a déjà décliné l'invitation.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Édouard Philippe dénonce une « police de la pensée » sur l'immigration et défie Jean-Luc Mélenchon : « Quand il veut, où il veut ». L'insoumis refuse le débat.
« Est-ce qu'on a le droit de dire en France les choses telles qu'elles sont ? » En déplacement mercredi 4 novembre à Zuydcoote, Édouard Philippe, maire du Havre et candidat à l'élection présidentielle de 2027, a vivement répondu aux accusations de racisme formulées à son encontre par Jean-Luc Mélenchon.
À l'origine de cette passe d'armes, des déclarations de l'ancien Premier ministre sur les violences et les pillages survenus en France à la mi-octobre. Dans un entretien accordé au Point, puis sur TF1, Édouard Philippe avait évoqué une « surreprésentation » de jeunes issus de l'immigration parmi les auteurs de ces actes. Une affirmation vivement contestée à gauche, notamment par Jean-Luc Mélenchon, qui l'a accusé de « clientélisme racialiste ».
Mercredi, face aux journalistes, Édouard Philippe a refusé de revenir sur ses propos. « Oui, il y a des Français issus de l'immigration. Ils sont français à part entière, ils ont les mêmes droits, les mêmes devoirs. Et on n'aurait pas le droit de le dire ? », a-t-il lancé.
🔴 🗣 “Oui, il y a un problème d’intégration dans notre pays”, affirme Édouard Philippe, candidat Horizons à l’élection présidentielle, qui défend ses propos controversés sur l’immigration après les pillages du 17 octobre. #canal16 pic.twitter.com/GoIJrnp6VA
— franceinfo (@franceinfo) November 4, 2026
« Qui pense que l'intégration fonctionne bien en France ? »
L'ancien chef du gouvernement a poursuivi en défendant son diagnostic sur les difficultés de l'intégration. « Oui, il y a un problème d'intégration dans notre pays. Et on n'aurait pas le droit de le dire ? Mais qui pense que l'intégration fonctionne bien en France ? »
Oui, il y a un problème d'intégration dans notre pays. Et on n'aurait pas le droit de le dire ? Mais qui pense que l'intégration fonctionne bien en France ?
Édouard Philippe
Pour Édouard Philippe, reconnaître ces difficultés n'implique nullement de remettre en cause l'appartenance des Français issus de l'immigration à la communauté nationale. Il a insisté sur la nécessité de leur garantir les mêmes droits et les mêmes devoirs qu'à tous les autres citoyens.
Il a également appelé à combattre toutes les formes de racisme et d'antisémitisme, « d'où qu'elles viennent, de l'extrême droite ou de l'extrême gauche ».
Le candidat Horizons estime néanmoins que le débat public est entravé par ce qu'il décrit comme « une espèce de police de la pensée imposée par l'extrême gauche », visant particulièrement Jean-Luc Mélenchon.
Il accuse également le dirigeant insoumis d'utiliser « les codes de l'antisémitisme » et de remettre en cause l'universalisme républicain, notamment par l'emploi du terme « racisé ». Des accusations politiques que l'intéressé conteste.
Un défi lancé à Mélenchon
Édouard Philippe a finalement proposé de confronter directement leurs positions. « Si M. Mélenchon a envie d'un débat pour discuter de ces sujets, je suis son homme. Quand il veut, où il veut », a-t-il déclaré.
Mais la proposition n'aura pas suscité l'enthousiasme du côté de La France insoumise. Selon Le Parisien, l'entourage de Jean-Luc Mélenchon a fait savoir mercredi que celui-ci déclinait l'invitation, estimant que « le racisme n'est pas un sujet de débat ».
Cette confrontation intervient alors que les deux responsables politiques se préparent à l'élection présidentielle de 2027. Elle illustre leurs divergences sur la manière d'aborder l'immigration, l'intégration et les discriminations dans le débat public français.
Pour Édouard Philippe, la reconnaissance des difficultés de l'intégration doit pouvoir s'exprimer sans être assimilée à du racisme. Jean-Luc Mélenchon dénonce, au contraire, des propos qu'il juge stigmatisants envers les Français issus de l'immigration. Un désaccord de fond que les deux hommes ne régleront donc pas, pour l'instant, autour d'une même table.