« Aucun candidat à la présidentielle n'appliquera son programme » : la prédiction de Jacques Attali pour 2027
Jacques Attali prédit que le prochain président de la République renoncera à ses promesses électorales dès son arrivée au pouvoir. En cause, une situation économique et budgétaire qu'il juge « tragique », imposant selon lui une politique de rigueur, des économies et une augmentation des impôts.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Jacques Attali prédit que le prochain président renoncera à son programme et imposera une politique de rigueur, des économies et des hausses d'impôts.
« Je vous le dis à l'avance : aucun candidat à l'élection présidentielle n'appliquera son programme. » Dans une vidéo publiée sur son compte X, Jacques Attali livre une prédiction particulièrement pessimiste sur les suites de la présidentielle française de 2027. Pour l'économiste et ancien conseiller de François Mitterrand, les candidats peuvent bien multiplier les promesses : la réalité économique les contraindra, une fois élus, à changer radicalement de cap.
« Les candidats aux prochaines élections présidentielles ont tous des programmes, ou presque. Mais mon sentiment, c'est qu'aucun d'entre eux n'appliquera son programme », affirme-t-il.
Je vous le dis à l’avance : aucun candidat à l’élection présidentielle n’appliquera son programme. pic.twitter.com/sTgvcpH9F3
— Jacques Attali (@jattali) November 5, 2026
Une commission d'enquête pour justifier l'abandon des promesses
Jacques Attali imagine même le scénario qui suivra l'installation du prochain chef de l'État à l'Élysée. Celui-ci commencera, selon lui, par réclamer un état des lieux des finances publiques. « Une fois élu, ils diront : “Eh bien, faisons le bilan d'abord. Je vais créer une commission d'enquête qui me dira quelle est la réalité de la situation.” »
Le résultat serait, à ses yeux, prévisible : la commission conclurait que la situation est beaucoup plus grave qu'annoncé, fournissant au nouveau président une justification pour abandonner ses engagements électoraux. « Je ne peux donc pas appliquer les promesses que je vous ai faites. Oubliez-les pour un moment, on verra plus tard », imagine Jacques Attali dans la bouche du futur élu.
Impôts, retraites, durée du travail : la rigueur comme horizon
L'économiste estime que le prochain président devra alors prendre des mesures bien différentes de celles défendues pendant sa campagne. « Pour le moment, la priorité, c'est à la rigueur, à l'exigence, à l'augmentation de la durée du travail, de l'âge de la retraite, des impôts, à faire des économies », énumère-t-il. Des décisions qu'il considère comme nécessaires dès aujourd'hui, sans attendre l'élection présidentielle.
Jacques Attali n'épargne pas non plus Emmanuel Macron. S'il estime que le président sortant a commis « beaucoup d'erreurs », il prévient que ses successeurs pourraient en commettre « beaucoup plus [...] en beaucoup moins de temps ».
« Il faut cesser de faire croire que tout est possible »
Pour Jacques Attali, nul besoin d'attendre une nouvelle commission pour mesurer l'ampleur des difficultés françaises. Il estime que les informations nécessaires sont déjà publiques. « Grâce à la presse, tout est sur la table. On sait que la situation est tragique, on sait qu'on ne peut pas se permettre toutes les folies qui sont dans les programmes des uns et des autres », affirme-t-il.
Grâce à la presse, tout est sur la table. On sait que la situation est tragique, on sait qu'on ne peut pas se permettre toutes les folies qui sont dans les programmes des uns et des autres.
Jacques Attali
L'ancien conseiller présidentiel plaide ainsi pour une « grande période de rigueur », qui aurait, selon lui, dû commencer depuis longtemps. « Il faut cesser de faire croire que tout est possible », insiste-t-il, avant de conclure par un appel à « affronter la réalité comme elle est et agir au plus vite ». Une mise en garde adressée indistinctement aux prétendants à l'Élysée, à quelques mois d'une élection présidentielle dont Jacques Attali considère déjà que les promesses ne résisteront pas à l'exercice du pouvoir.