Revolut décroche sa licence bancaire française et fait de Paris son nouveau centre européen
Revolut a obtenu l’agrément bancaire français qu’elle convoitait depuis plusieurs mois. La fintech britannique veut désormais faire de Paris son siège pour l’Europe de l’Ouest, transférer progressivement plusieurs millions de clients vers son entité française et développer crédits et produits d’épargne.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Revolut obtient sa licence bancaire française et fait de Paris son siège pour l’Europe de l’Ouest, avec 400 recrutements prévus en France.
Revolut obtient sa licence bancaire française et prévoit de faire de Paris son centre pour l’Europe de l’Ouest, avec 400 recrutements annoncés en France.
Revolut franchit une nouvelle étape dans sa transformation en banque européenne de premier plan. La fintech britannique a annoncé lundi avoir obtenu une licence bancaire en France, délivrée avec l’aval de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) et de la Banque centrale européenne.
L’entreprise pouvait déjà commercialiser des services bancaires au sein de l’Union européenne grâce à sa licence lituanienne et au mécanisme du passeport européen. L’obtention d’un agrément français lui permet cependant de bâtir une entité directement supervisée depuis la France et, surtout, d’élargir progressivement son offre à des produits davantage adaptés au marché local.
« Cette licence nous donne les moyens de bâtir une banque d’une nouvelle génération au service de plus de 30 millions de clients en Europe de l’Ouest », s’est félicité le directeur général et cofondateur de Revolut, Nik Storonsky.
Paris appelé à devenir le siège de Revolut en Europe de l’Ouest
Le groupe veut désormais organiser ses activités européennes autour de deux pôles bancaires. L’entité lituanienne continuera de desservir une grande partie de l’Espace économique européen, tandis que la nouvelle banque française doit progressivement prendre en charge les clients situés en Europe occidentale.
Les clients français seront les premiers transférés, avant ceux d’Allemagne, d’Irlande, d’Italie, du Portugal et d’Espagne.
Revolut prévoit également d’installer à Paris son siège pour l’Europe de l’Ouest dès l’année prochaine. Le groupe avait déjà annoncé plus d’un milliard d’euros d’investissements en France et prévoit désormais de recruter plus de 600 personnes dans la région, dont environ 400 dans l’Hexagone.
La fintech a par ailleurs recruté l’ancien patron de Société Générale Frédéric Oudéa pour présider ses activités en Europe occidentale.
De la fintech à la banque universelle
L’enjeu dépasse largement une question réglementaire. Jusqu’ici, Revolut a construit une grande partie de son succès sur les paiements, le change, les abonnements, les commissions et les cryptomonnaies. Avec une licence locale, le groupe entend désormais s’attaquer beaucoup plus directement aux activités historiques des grandes banques : crédit, épargne et, à terme, éventuellement financement immobilier.
La société avait notamment indiqué qu’un agrément français lui permettrait de développer des prêts et certains produits d’épargne réglementés adaptés au marché national.
Cette montée en gamme rapproche encore Revolut de concurrents comme BoursoBank, mais également des grands établissements traditionnels dont la fintech cherche désormais ouvertement à conquérir les clients.
Le groupe compte plus de 75 millions de clients dans le monde et a enregistré en 2025 un bénéfice net de 1,3 milliard de livres, en hausse de 65 %.
Sa valorisation aurait atteint 115 milliards de dollars lors d’une récente vente secondaire d’actions, soit davantage que plusieurs banques européennes historiques.
Une croissance sous surveillance
Cette expansion rapide n’a toutefois pas été sans critiques. Les régulateurs se sont régulièrement interrogés sur la capacité de Revolut à faire évoluer ses dispositifs de conformité, de contrôle et de lutte contre le blanchiment au même rythme que sa clientèle.
L’entreprise avait d’ailleurs annoncé que plusieurs centaines des recrutements prévus en France concerneraient notamment les équipes chargées de la conformité.
Selon Bloomberg, la nouvelle entité française pourrait également faire l’objet de restrictions sur certains produits au début de son développement, notamment dans le crédit immobilier. Revolut n’a pas souhaité commenter ces informations, affirmant simplement que sa nouvelle licence lui permettrait d’exercer des activités bancaires à travers l’Union européenne.
Après avoir obtenu en mars sa licence bancaire complète au Royaume-Uni, Revolut vise désormais également les États-Unis.
L’obtention de l’agrément français marque donc un changement d’échelle : née comme application de paiement et de change il y a un peu plus d’une décennie, Revolut entend désormais concurrencer les banques traditionnelles sur leur propre terrain — avec Paris comme l’un des principaux centres de cette offensive.