Soudan du Sud: deux Casques bleus éthiopiens tués dans une embuscade
Deux Casques bleus éthiopiens ont perdu la vie dans une embuscade au Soudan du Sud. L’attaque a également blessé sept personnes. L’ONU réclame une enquête rapide.
Publié par A JS
Résumé de l'article
Deux militaires éthiopiens de la Minuss ont perdu la vie lors d’une patrouille vers Pajut. Sept personnes ont aussi subi des blessures. Les auteurs restent inconnus. António Guterres condamne l’embuscade, tandis que l’ONU demande aux autorités sud-soudanaises d’identifier et de poursuivre les responsables.
Deux Casques bleus ont été tués lundi au Soudan du Sud. Des hommes armés ont attaqué leur patrouille dans l’État de Jonglei. Les assaillants n’ont pas encore été identifiés.
La patrouille de la Mission des Nations unies au Soudan du Sud se dirigeait vers Pajut. Elle effectuait une opération régulière dans cette région isolée et instable. Les Casques bleus tués possédaient la nationalité éthiopienne.
Sept autres personnes ont subi des blessures. Ce bilan comprend trois Casques bleus et deux policiers sud-soudanais. Deux employés civils de la mission figurent aussi parmi les victimes.
Sept blessés dans l’attaque contre les Casques bleus
La Mission des Nations unies au Soudan du Sud, ou Minuss, a réagi rapidement. Elle a envoyé une force d’intervention dans la zone. Cette unité doit sécuriser les lieux et soutenir les opérations de secours.
Selon le porte-parole de l’ONU Stéphane Dujarric, la patrouille constituait une cible délibérée. Elle contribuait à réduire l’insécurité persistante dans cette partie du pays. Aucun groupe n’a revendiqué l’attaque.
L’État de Jonglei connaît de nombreuses violences armées. Des affrontements opposent notamment l’armée, des forces de l’opposition et différentes milices locales. Les conflits entre communautés alimentent aussi une insécurité chronique.
Les tensions politiques se sont aggravées au cours des derniers mois. Elles fragilisent davantage l’accord de paix conclu en 2018. Cet accord avait mis fin à cinq années de guerre civile.
L’ONU évoque un possible crime de guerre
Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a «condamné fermement» l’embuscade. Il a également présenté ses condoléances aux familles des militaires tués et aux autorités éthiopiennes.
La cheffe de la Minuss, Anita Kiki Gbeho, a qualifié cette attaque d’inacceptable. «Une telle violence meurtrière visant le personnel de la Minuss est inacceptable», a-t-elle déclaré dans un communiqué de la mission.
La responsable de l’ONU demande aux autorités sud-soudanaises d’ouvrir rapidement une enquête approfondie. Elle réclame aussi des poursuites contre tous les responsables de l’embuscade.
Stéphane Dujarric a rappelé la protection accordée aux soldats de la paix. Une attaque volontaire contre des Casques bleus peut constituer un crime de guerre. Cette qualification dépendra néanmoins des circonstances établies par l’enquête.
Ces deux décès portent à neuf le nombre de Casques bleus tués dans des actes hostiles depuis janvier. Le Conseil de sécurité a adopté une résolution en juin.
Celle-ci vise à renforcer les poursuites contre les auteurs d’attaques visant les soldats de la paix.