Thaïlande : bombes et incendies dans trois provinces du sud, 2 blessés civils
Le sud de la Thaïlande a subi 51 attaques coordonnées samedi soir. Des incendies et explosions ont touché trois provinces confrontées depuis des décennies à une insurrection séparatiste. Deux civils ont été blessés.
Publié par A JS
Résumé de l'article
Le sud de la Thaïlande a subi 51 attaques coordonnées samedi soir. Narathiwat, Yala et Pattani ont été touchées et deux civils ont été blessés. Ces provinces majoritairement musulmanes connaissent une insurrection séparatiste ancienne. Aucun groupe n'a revendiqué cette nouvelle vague de violences.
Le sud de la Thaïlande a connu une nouvelle nuit de violences samedi. Les autorités ont recensé 51 incidents entre 20h00 et minuit. Ils ont touché les provinces de Narathiwat, Yala et Pattani.
Les assaillants ont notamment visé des bâtiments publics et des commerces. Un bureau d'une administration locale a pris feu. Un magasin 7-Eleven et plusieurs véhicules ont également subi des attaques.
Le Commandement des opérations de sécurité intérieure (ISOC) évoque des actions coordonnées. Selon l'armée, leurs auteurs cherchaient à provoquer des troubles dans plusieurs secteurs simultanément.
Les autorités comptabilisent 22 incidents à Narathiwat. Elles en recensent 18 à Yala et 11 à Pattani. Deux civils ont été blessés à Narathiwat.
Les forces de sécurité ont renforcé leur dispositif après les premières attaques. Elles ont également instauré un couvre-feu nocturne à Narathiwat.
Une insurrection ancienne dans le sud de la Thaïlande
Ces violences touchent une région très différente du reste du royaume. Narathiwat, Pattani et Yala possèdent une population majoritairement musulmane et d'origine malaise. La Thaïlande reste, elle, très majoritairement bouddhiste.
L'histoire explique en partie cette particularité. Ces territoires appartenaient autrefois au sultanat malais de Patani. Leur intégration au royaume thaïlandais a nourri des revendications identitaires et politiques durables.
Une insurrection séparatiste frappe la région depuis plusieurs décennies. Le conflit connaît une forte recrudescence depuis 2004. Il a fait plusieurs milliers de morts depuis cette date.
Le Barisan Revolusi Nasional (BRN) constitue aujourd'hui le principal mouvement séparatiste actif dans la région. Il réclame notamment une plus grande autonomie pour les provinces du sud.
Aucun groupe n'avait cependant revendiqué les 51 attaques dimanche. Leur attribution reste donc indéterminée à ce stade.
Un processus de paix toujours fragile
Bangkok tente depuis des années de trouver une issue politique au conflit. Le gouvernement thaïlandais a engagé des pourparlers avec le BRN en 2013. La Malaisie joue le rôle de médiateur dans ces discussions.
Le dialogue n'a pourtant jamais permis de mettre durablement fin aux violences. Les négociations ont connu plusieurs interruptions et périodes de ralentissement.
Les autorités thaïlandaises cherchent actuellement à relancer ce processus. Elles souhaitent notamment examiner les revendications politiques locales et les possibilités de décentralisation.
La vague d'attaques intervient donc dans une période délicate. Elle rappelle que le conflit du sud demeure l'un des principaux problèmes de sécurité intérieure du royaume.
Le Premier ministre Anutin Charnvirakul doit justement se rendre dans le sud la semaine prochaine. Il effectuera une visite de deux jours à Hat Yai, dans la province de Songkhla.
Son déplacement doit notamment porter sur les investissements et la prévention des inondations. Les questions de sécurité figurent également au programme.