Terrorisme : l’OCAM alerte sur le djihadisme, l’antisémitisme et des menaces nouvelles de type nihiliste
Le rapport annuel 2025 de l’OCAM paru ce mardi 26 confirme le maintien du niveau de menace à 3, soit un niveau “grave”, en Belgique.
Publié par A.G.
Résumé de l'article
-L’OCAM maintient la menace terroriste en Belgique au niveau 3, soit un niveau “grave”, malgré une baisse de 26 % des signalements en 2025.
-La communauté juive reste la cible la plus fréquente, tandis que l’OCAM alerte aussi sur les menaces hybrides russes et l’émergence d’un extrémisme nihiliste en ligne.
-Le djihadisme reste la première menace, mais l’extrémisme de droite progresse nettement, tandis que la guerre à Gaza alimente la polarisation et les actes militants.
-Le rapport insiste sur le rôle central d’Internet, des réseaux sociaux et de l’IA dans des radicalisations plus rapides, plus individuelles et parfois plus jeunes.
Sommaire
- Le djihadisme reste la première menace
- Internet, accélérateur de radicalisation
- Des profils de “lone actors” majoritaires
- La communauté juive reste la cible la plus fréquente
- L’extrémisme de droite gagne en visibilité
- Russie, Euroclear et guerre hybride
- 556 entités suivies dans la Banque de données commune
L’Organe de coordination pour l’analyse de la menace décrit un paysage sécuritaire plus fragmenté. La première menace reste le djihadisme malgré un recul, la montée de l’extrémisme de droite, l’activisme d’extrême gauche autour de Gaza visant la communauté juive. La radicalisation en ligne de jeunes vulnérables et une nouvelle inquiétude autour de l’extrémisme nihiliste de type « intel » (masculinistes dystopiques) complètent la liste.
Le constat central du rapport annuel 2025 de l’OCAM tient en deux éléments apparemment contradictoires. D’un côté, le niveau général de la menace en Belgique est resté fixé à 3, c’est-à-dire “grave”. De l’autre, le nombre de signalements de menace liés au terrorisme ou à l’extrémisme a diminué de 26 % par rapport à 2024. L’OCAM note également que la gravité moyenne des menaces observées en 2025 a baissé.
Cette baisse ne signifie donc pas un retour à la normale. Elle traduit plutôt une mutation du risque. La menace apparaît moins spectaculaire que dans les années marquées par les grandes filières djihadistes, mais elle est plus dispersée, plus numérique et souvent plus difficile à détecter à temps.
Selon l’OCAM, 59 % des signalements analysés en 2025 relevaient d’une menace faible, 36 % d’une menace moyenne et 5 % d’une menace grave. Aucune menace n’a été classée au niveau 4, soit le niveau “très grave”. En 2024, les menaces graves représentaient encore 12 % des signalements.
Le djihadisme reste la première menace
Malgré son recul relatif, la menace islamiste et djihadiste demeure la principale source de préoccupation pour les services belges. La part des signalements à caractère djihadiste est passée de 55 % à 39 %, mais cette catégorie reste la plus importante dans l’image globale de la menace.
L’OCAM souligne que l’État islamique reste la référence la plus significative pour les sympathisants djihadistes en Europe. Al-Qaïda demeure actif dans le djihad global. Les discours, écrits et productions de propagande de ces mouvances continuent de circuler en ligne et de toucher certains publics radicalisés.
Le rapport insiste aussi sur la diffusion de contenus islamistes non nécessairement violents, mais contraires aux principes démocratiques ou à certains droits humains. Ces contenus, diffusés notamment via des applications populaires auprès des jeunes comme TikTok, peuvent produire un effet de ségrégation et de polarisation.
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