Theo Francken au coeur d'une croix gammée : une expo déclenche une polémique politique à Jette
Avant même son ouverture, l'exposition de l'artiste ENCQ à l'Atelier 34zero Museum de Jette déclenche une vive controverse. Une échevine MR dénonce l'utilisation de fonds publics pour financer des œuvres représentant notamment Théo Francken avec une imagerie associée au nazisme, tandis que le musée défend une démarche artistique engagée.
Publié par Demetrio Scagliola
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Résumé de l'article
- Une exposition de l'Atelier 34Zéro à Jette montre notamment Théo Francken dans une œuvre utilisant une imagerie associée au nazisme, provoquant une vive controverse avant son ouverture.
- L'échevine MR Anna Hovsepyan dénonce le financement communal de l'ASBL, estimant que l'argent public ne doit pas soutenir ce type de représentation.
- Le musée revendique une démarche artistique critique et défend les choix de l'artiste ENCQ, estimant que ses œuvres relèvent de la liberté d'expression.
L'exposition n'a pas encore officiellement ouvert ses portes, mais elle suscite déjà une vive polémique dans la commune. Cette expo, c'est cele que l'Atelier 34zero Museum consacre à partir du samedi 25 juillet (et jusqu'au 25 octobre 2026) à l'artiste néerlandophone ENCQ, de son vrai nom Henk De Ruddere, surtout connu pour ses oeuvres réalisées au pochoir.
L'affichage pour promouvoir l'expo vient à peine de commencer et les deux euvres choisies par les organisateurs pour faire connaître l'événement ont directement provoqué une controverse... politique au sein de la majorité communale. La première image représente une croix gammée stylisée composée du visage de Theo Francken, ministre de la Défense (N-VA). La seconde montre Georges-Louis Bouchez, président du MR, coiffé d'un entonnoir métallique et posant devant un drapeau hybride mêlant les symboles américain et israélien.
Anna Hovsepyan: "On dépasse le cadre"

Anna Hovsepyan, échevine libérale de l'Espace public et membre du Collège communal de Jette, a décidé de réagir publiquement pour exprimer son indignation : « La liberté d'expression est un principe que je défends. Mais je ne peux pas accepter que 25.000 € d'argent public servent à financer des œuvres recourant à une imagerie associée au nazisme, notamment en représentant des responsables politiques avec une croix gammée. C'est une utilisation des deniers publics que je dénonce», souligne l'échevine.
L'élue souligne que ce type de représentation « dépasse le cadre de ce qu'elle considère comme une démarche culturelle », d'autant que l'ASBL bénéficie d'un soutien financier communal (25.000 euros par an)
Ce n'est pas la première fois que l'Atelier 34zero fait parler de lui. Selon Anna Hovsepyan, « c'est un sujet qui revient régulièrement depuis plusieurs années ». La question de l'équilibre entre liberté artistique et responsabilité dans l'usage des fonds publics se pose une nouvelle fois. Ce n'est pas non plus la première fois que les deux personnalités en question sont caricaturées, le plus souvent par des partis ou des mouvement de gauche radicale. Theo Francken avait été "déguisé" en officier nazi dans un montage très discutable par le mouvement de jeune écologiste et Georges-Louis Bouchez est régulièrement pris pour cible par les Antifas.
L'Atelier 34 Zéro assume
Du côté de l'Atelier 34zero, on assume les choix artistiques d'ENCQ. "L'artiste a voulu, à travers ses oeuvres, dresser une critique acerbe de notre monde politique", nous dit Daniel, historien de l'art de l'Atelier 34zero. "D'autres oeuvres représentent Bart DeWever, Maggie De Block ou Charles Michel", poursuit Daniel.
Bref, des personnalités cataloguées à droite. Et l'association de Theo Francken avec une croix gammée, n'est-ce pas aller trop loin pour un ministre démocratiquement élu? "Théo Francken assume des positions racistes et a eu des accoitances avec des personnalités issues de l'extrême droite, donc rien de choquant là-dedans", poursuit le responsable du musée.