Un journaliste parle de "misère qui suinte des murs" à Charleroi. Dermine n'apprécie pas.
Un journaliste flamand, très connu, Jan Segers, critique le bilan de la ville de Charleroi. Il écrit notamment dans le quotidien, le plus lu de Flandre, que la ville suinte la misère. Le bourgmestre socialiste n'a pas apprécié et le fait savoir.
Publié par J.PE
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Le bourgmestre de Charleroi, Thomas Dermine (PS), est monté au créneau après la publication d'une chronique du journaliste flamand Jan Segers dans Het Laatste Nieuws. Ce dernier n'y allait pas de mains mortes pour critiquer le bilan de la ville de Charleroi, dirigée par les socialistes depuis des décennies.
Une chronique qui fait polémique
Dans son billet, Jan Segers imagine, sur le ton de la satire, conseiller à l'homme d'affaires Paul Gheysens de s'installer à Charleroi après ses difficultés financières. Le chroniqueur décrit la métropole hennuyère comme une ville où l'immobilier est particulièrement abordable, multipliant les comparaisons ironiques sur son attractivité.
Le journaliste flamand très connu pour écrire des billes qui marque, décrit la ville hennuyère comme une ville où l’immobilier est bon marché, “moins chère qu’un garage au Zoute” et “aussi pétillante qu’une bouteille de Vittel”.
Il poursuit : “Elle ne compte ni restaurants étoilés ni université. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le quotidien néerlandais De Volkskrant l’avait désignée, en 2008, comme la ville la plus laide du monde. (…) Il faut reconnaître à Charleroi qu’elle a, depuis lors, tout fait pour faire honneur à ce statut. La misère suinte encore de ses murs, malgré les discours promotionnels qui attribuent un charme exceptionnel aux bâtiments vides, qui font passer les graffitis pour du street art et qui présentent la ville comme un Berlin sur la Sambre. Foutaises”.
Thomas Dermine dénonce des clichés persistants
Ces propos ont suscité une réaction immédiate du bourgmestre de Charleroi. Sur les réseaux sociaux, Thomas Dermine a dénoncé le « mépris » véhiculé, selon lui, par certains éditorialistes flamands à l'égard de la cité carolorégienne.
L'ancien secrétaire d'État rappelle que Charleroi a longtemps constitué un moteur industriel majeur du pays et qu'elle a largement contribué au développement économique de la Belgique, y compris de la Flandre. Ainsi il déclare dans un billet en réponse publié sur les réseaux sociaux :
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Sur les 200 ans de la Belgique, la Wallonie a été plus riche que la Flandre pendant 130 ans, avec Charleroi comme grand fer de lance.
C’est à Charleroi qu’ont été accueillis, à bras ouverts, des dizaines de milliers de Flamands fuyant la misère et la faim.
C’est la richesse de la Wallonie qui a permis de financer les infrastructures qui font la prospérité actuelle de la Flandre.
Alors oui, la roue a tourné et elle tournera encore. La réalité sociale dans certains quartiers de Charleroi n’est pas simple. Nous ne le nions pas : le quotidien de certains Carolos est difficile. Mais nous nous battons avec fierté pour défendre notre ville, pour améliorer le sort de ses habitants et pour accélérer son redéploiement !" déclare le bourgmestre de Charleroi.
S'il reconnaît que certains quartiers restent confrontés à d'importants défis sociaux, il souligne également les nombreuses transformations engagées ces dernières années pour redynamiser la ville.
« Les réussites ne sont jamais mises en avant »
Pour Thomas Dermine, les avancées de Charleroi restent trop souvent ignorées au profit d'anciens stéréotypes.
Selon lui, les médias flamands mettent davantage en avant une image négative de la Wallonie, au détriment des investissements, des projets économiques et des initiatives qui participent aujourd'hui au renouveau de la ville.
Une invitation à découvrir une autre image de Charleroi
Le bourgmestre conclut son message en invitant personnellement Jan Segers à venir visiter Charleroi. « Notre ville et les Carolos méritent mieux que des clichés dépassés », affirme Thomas Dermine, convaincu que de nombreux Flamands ont déjà changé leur regard sur Charleroi.