Une professeur de sociologie de l'Université de Chicago ne cache plus son jeu : « Nous avons besoin du pouvoir »
Elle traite l’Université de Chicago de « maléfique », mais n’entend surtout pas la quitter. Eman Abdelhadi explique que son poste lui donne accès à « des milliers de personnes » à organiser : son université serait son « meilleur levier » pour « construire du pouvoir ».
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Une professeur de l’Université de Chicago qualifie son employeur de « maléfique », mais explique vouloir l’utiliser comme levier pour « construire du pouvoir ».
Il faut parfois de longues enquêtes pour documenter la politisation des campus américains. Eman Abdelhadi, elle, l'explique devant une salle et sans prendre beaucoup de précautions oratoires.
Professeur assistante de sociologie à l'Université de Chicago, elle travaille notamment sur les communautés musulmanes américaines, la religion, le genre et l'emploi des femmes musulmanes. Ses travaux ont été publiés dans plusieurs revues académiques reconnues.
Lors de la conférence Socialism 2025, son discours a été pourtant assez éloigné de la neutralité académique.
« Fuck the University of Chicago. It's evil », lance-t-elle. L'université est, selon elle, « maléfique » et constitue notamment un « colonial landlord », un propriétaire colonial.
On pourrait imaginer que pareil diagnostic conduise l'universitaire à quitter une institution qu'elle juge aussi profondément condamnable. C'est précisément l'inverse.
U.S. Senate candidate Abdul El-Sayed has a sister.
— Kevin Bass (@kevinnbass) August 14, 2026
Eman Abdelhadi is professor at University of Chicago.
At Socialism 2025, wearing a mask, she called the uni an "evil colonial landlord."
"F*** University of Chicago... but it’s my best shot at power."pic.twitter.com/f8mIB2S0m6
L'université comme instrument de conquête politique
La suite est beaucoup plus intéressante que le juron. Abdelhadi explique qu'elle avait autrefois du « dédain » pour ceux qui consacraient leur énergie politique à l'intérieur de l'université. La guerre à Gaza aurait changé sa manière de voir les choses.
Car le mouvement pro-palestinien, estime-t-elle, a déjà remporté la bataille morale. La cause palestinienne serait entrée dans la conscience nationale américaine. Mais il manquerait désormais quelque chose de beaucoup plus concret : « power », le pouvoir. Et soudain, cette Université de Chicago « maléfique » présente des avantages considérables.
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