Vers +24 % sur l'essence ? l'UE risque de provoquer elle-même une nouvelle flambée des carburants
Une réglementation européenne sur le méthane pourrait renchérir fortement l'énergie dès 2027. Dans le scénario le plus sévère de Wood Mackenzie, l'essence grimperait de 24 % et le diesel de 16 %. Au moment où son industrie étouffe déjà sous le coût de l'énergie, l'Europe risque de s'imposer un nouveau handicap.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Le règlement européen sur le méthane pourrait provoquer une nouvelle hausse des prix du gaz et des carburants dès 2027, alerte Wood Mackenzie.
Sommaire
- Jusqu'à 87 % du pétrole importé potentiellement non conforme
- +24 % pour l'essence, +16 % pour le diesel ?
- Des raffineries européennes sacrifiées au profit des autres ?
- L'Europe fixe les règles avant que le monde puisse les appliquer
- L'Europe découvre une nouvelle fois le prix de ses propres normes
- Bruxelles peut encore éviter le scénario noir
L'Europe manque-t-elle de crises énergétiques ? Alors que les tensions géopolitiques ont déjà fait flamber le pétrole, le gaz et les carburants, une réglementation européenne pourrait ajouter dès 2027 une nouvelle contrainte sur les approvisionnements du continent. Dans le scénario le plus sévère étudié par Wood Mackenzie, le résultat serait spectaculaire : jusqu'à 24 % de hausse supplémentaire pour l'essence et 16 % pour le diesel.
Cette fois, ni l'Iran, ni la Russie, ni une attaque contre une infrastructure pétrolière ne seraient directement responsables. La difficulté viendrait d'une réglementation décidée par l'Union européenne elle-même.
Le règlement européen sur les émissions de méthane doit en effet franchir une étape importante en 2027. À partir de cette date, les importateurs de pétrole, de gaz et de charbon devront démontrer que les producteurs dont proviennent leurs cargaisons appliquent des systèmes de mesure, de surveillance, de déclaration et de vérification des émissions de méthane équivalents aux exigences européennes.
L'objectif environnemental est parfaitement identifiable : réduire les rejets de méthane, puissant gaz à effet de serre, en utilisant le poids du marché européen pour pousser également les producteurs étrangers à mieux mesurer et, à terme, réduire leurs émissions.
Mais entre l'intention et son application se trouve désormais un problème considérable : une grande partie des producteurs mondiaux ne serait tout simplement pas prête.
Jusqu'à 87 % du pétrole importé potentiellement non conforme
Le cabinet Wood Mackenzie a tenté de mesurer les conséquences d'une application du règlement dans sa rédaction actuelle. Son scénario dit « Default » est inquiétant.
En 2027, jusqu'à 43 % des volumes de gaz et de GNL importés par l'Union sur la base des flux de 2024 pourraient ne pas répondre aux nouvelles exigences. Pour le pétrole brut, cette proportion grimperait jusqu'à 87 %.
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