La concurrence fiscale plutôt que l’harmonisation : l’étonnant contre-modèle suisse
Entre Zurich et Zoug, quelques kilomètres peuvent presque diviser par deux certains taux d’imposition. En laissant ses 26 cantons se disputer entreprises et grandes fortunes, la Suisse a transformé la concurrence fiscale en composante à part entière de son fédéralisme.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
De Zurich à Zoug, les cantons suisses se disputent entreprises et contribuables grâce à des fiscalités très différentes. Un étonnant laboratoire du fédéralisme fiscal.
En Suisse, vingt minutes de train peuvent suffire à une entreprise pour changer radicalement de fiscalité, sans changer de pays ni même véritablement de région économique. C'est toute la singularité d'un système fédéral dans lequel les 26 cantons disposent d'une importante autonomie fiscale et se livrent une concurrence assumée pour attirer entreprises, grandes fortunes et recettes fiscales.
Le Financial Times s'est penché sur cette mécanique à l'occasion d'un déménagement symbolique. Vontobel, banque privée fondée il y a 102 ans et historiquement installée à Zurich, a annoncé qu'elle transférerait son siège et plus de 1.500 salariés à Baar, dans le canton voisin de Zoug, à partir de 2030. Quelque 300 employés en contact avec la clientèle resteront dans le centre de Zurich.
La banque assure que la fiscalité n'est pas à l'origine de sa décision. Elle cherchait avant tout un site permettant de réunir des collaborateurs actuellement dispersés dans sept immeubles zurichois. Mais son départ a relancé un débat ancien : jusqu'où Zurich peut-elle maintenir une fiscalité sensiblement supérieure à celle de ses voisins sans perdre progressivement entreprises et contribuables fortunés ?
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