Flambée des carburants : les ministres européens des Finances se réunissent à Dublin
Les ministres européens de l’Économie et des Finances se réunissent vendredi et samedi à Dublin, alors que la flambée des carburants pousse plusieurs États à chercher de nouvelles réponses. L’Espagne entend profiter de ce rendez-vous pour sonder ses partenaires sur une réponse davantage coordonnée.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Les ministres européens des Finances se retrouvent à Dublin alors que la flambée des carburants pousse plusieurs États à réclamer une réponse coordonnée.
La flambée des prix des carburants s’invite à nouveau au sommet de l’agenda économique européen. Les ministres de l’Économie et des Finances des Vingt-Sept se retrouveront vendredi et samedi à Dublin pour une réunion informelle de l’Ecofin, alors que plusieurs gouvernements cherchent comment amortir les conséquences de la hausse du pétrole pour les ménages et les entreprises.
La réunion des 18 et 19 septembre doit permettre aux ministres européens d’échanger sur les principales évolutions macroéconomiques, la stabilité financière et les priorités économiques de l’Union. Dans ce contexte, l’Espagne entend notamment mettre sur la table la question de la hausse des carburants avant de décider de nouvelles mesures nationales.
Selon ABC, Madrid considère désormais que le problème dépasse largement le cadre espagnol et attend de ces discussions européennes qu’elles permettent de mieux coordonner les réponses des États membres. Le gouvernement de Pedro Sánchez doit décider dans les prochaines semaines de la suite des mesures destinées à limiter l’impact de la hausse des prix à la pompe.
Un problème désormais européen
La question n’est effectivement plus circonscrite à quelques États. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et leurs conséquences sur l’approvisionnement pétrolier ont provoqué une forte augmentation des prix énergétiques à travers l’Union européenne.
Les institutions européennes travaillent déjà depuis plusieurs mois sur les moyens permettant aux États de répondre temporairement à cette situation. Au printemps, le Conseil européen avait reconnu le caractère exceptionnel des tensions sur le marché de l’énergie et demandé à la Commission de travailler avec les États membres sur des mesures nationales temporaires et ciblées.
Les textes européens adoptés ou discutés depuis lors insistent notamment sur la nécessité d’une réponse coordonnée et sur la possibilité d’utiliser certaines flexibilités fiscales afin d’amortir les hausses exceptionnelles du coût de l’énergie.
C’est dans ce contexte que s’ouvrira vendredi la réunion informelle de l’Ecofin. Elle sera organisée à Dublin sous la présidence irlandaise du Conseil de l’Union européenne et réunira également, pour une partie des travaux, les gouverneurs des banques centrales européennes.
Plusieurs gouvernements cherchent à amortir le choc
L’Espagne n’est pas le seul pays à avoir maintenu ou envisagé des mécanismes destinés à contenir la facture énergétique. Selon ABC, l’Italie et le Portugal disposent également de dispositifs visant à limiter l’impact de la hausse du pétrole et de ses dérivés.
Madrid espère désormais savoir jusqu’où les Européens sont disposés à coordonner leurs réponses. Le ministre espagnol de l’Économie, Carlos Cuerpo, doit notamment profiter de la réunion de Dublin pour prendre la température auprès de ses homologues avant que son gouvernement n’arrête ses prochaines mesures.
La réunion de cette semaine ne constitue pas un Conseil formel appelé à adopter immédiatement de nouvelles règles européennes. Elle pourrait en revanche permettre aux Vingt-Sept de mesurer leurs convergences sur la réponse à apporter à un choc énergétique qui intervient à l’approche de l’hiver.
Pour les gouvernements européens, l’équation est délicate : protéger ménages et entreprises contre une nouvelle envolée des prix sans transformer des mesures d’urgence en soutien budgétaire permanent. Après plusieurs mois de tensions sur les marchés de l’énergie, les discussions de Dublin permettront surtout de savoir si les Vingt-Sept entendent continuer à répondre en ordre dispersé ou chercher davantage de coordination européenne.