Von der Leyen doit démissionner
Les critiques à l'encontre d'Ursula von der Leyen s'intensifient. Dans cette tribune libre, Pieter Cleppe, rédacteur en chef de BrusselsReport.eu,, met en garde contre le fait que, sous sa direction, l'UE multiplie les réglementations, centralise de plus en plus et perd de sa puissance économique. Bruxelles risque de s'enliser.
Publié par Contribution Externe
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Résumé de l'article
Ursula von der Leyen sous le feu des critiques : Bruxelles accusée d’étouffer l’Europe sous les normes et la centralisation
Sommaire
- Le cadeau d'adieu d'Angela Merkel
- L'industrie en paie le prix
- « L’Europe a exporté ses émissions »
- Bruxelles se réglemente à outrance
- Le pouvoir invisible de Bruxelles
- Des règles sans frein
- La frénésie réglementaire ne s’arrête pas
- Même l’innovation est étouffée
- Il est temps de faire le ménage en Europe
Ces derniers temps, les critiques à l'encontre de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, se multiplient. L'ancien président du Conseil européen, Charles Michel, n'a pas été le seul à affirmer qu'elle exerçait son mandat de manière « autoritaire ». Suzanne Lynch, correspondante de l’UE pour l’agence de presse de référence Bloomberg, lui reproche également, dans un article d’opinion, une « prise de pouvoir » et une « microgestion ».
Von der Leyen est depuis longtemps la tête de Turc d’une frange de plus en plus importante de la droite conservatrice au Parlement européen. La raison principale en est sa politique du « Green Deal », extrêmement coûteuse, mais aussi son opposition à un changement fondamental de la politique migratoire européenne. Ces derniers temps, nous constatons certes un revirement sur ce dernier point au niveau de l’UE, mais c’est davantage malgré que grâce à von der Leyen.
Le cadeau d'adieu d'Angela Merkel
La nomination de cette femme politique à la présidence de la Commission en 2019 est le cadeau d'adieu discutable qu'Angela Merkel, qui a été chancelière allemande pendant seize ans, a offert à l'Europe. Merkel a ainsi promu l'une de ses ministres les moins populaires à Bruxelles. Tout comme Merkel, qui a laissé le chaos migratoire s’installer, fermé des centrales nucléaires et œuvré pour une plus grande centralisation européenne, von der Leyen est en réalité de gauche. Ce n’est pas un crime, mais c’est bien sûr problématique étant donné qu’elle est soi-disant issue d’un parti politique de centre-droit.
Cela transparaît d'ailleurs aussi dans le choix de ses rédacteurs de discours. Outre un ancien conseiller socialiste au Parlement européen, on y trouve même l'ancien bras droit de Robert Habeck, l'ancien ministre allemand de l'Économie et vice-chancelier des Verts.
Il n’est donc pas surprenant que von der Leyen se soit opposée bec et ongles ces dernières années à la réduction ou à la suspension du système européen d’échange de quotas d’émission (ETS), une taxe climatique de fait qui rend l’énergie encore plus chère qu’elle ne l’est déjà pour l’industrie européenne à forte intensité énergétique. En Allemagne notamment, l’industrie chimique en souffre lourdement.
L'industrie en paie le prix
Markus Kamieth, PDG du géant allemand de la chimie BASF, la plus grande entreprise chimique au monde, a qualifié l'ETS en février de « dépassé ». Selon lui, son entreprise paie déjà « des centaines de millions » par an en quotas de CO2, « et ce montant augmentera de manière dramatique dans les années à venir si l'ETS n'est pas modifié et réformé. (…) Nous sommes face à un choix crucial : voulons-nous préserver notre base industrielle en Europe et la transformer en une industrie neutre en carbone ? Dans ce cas, nous devons effectivement maîtriser les coûts énergétiques et climatiques et pouvoir obtenir plus rapidement des autorisations pour de nouveaux projets. »
« L’Europe a exporté ses émissions »
Jim Ratcliffe, PDG de l’entreprise chimique britannique Ineos, souhaite suspendre la taxe européenne sur le CO2 pendant cinq ans. Le Royaume-Uni continue à suivre en grande partie la politique climatique européenne à ce jour, malgré le Brexit, et Ineos est également active dans l’UE. « L’Europe n’a pas réduit ses émissions, mais les a exportées », affirme Ratcliffe. « La production s’est délocalisée aux États-Unis et en Chine, où l’intensité carbone est bien plus élevée. »
Tout cela n'a guère d'importance pour von der Leyen. En mars, les chefs d'État et de gouvernement européens ont demandé à son institution de remédier à cette situation, mais la Commission européenne n'a jusqu'à présent proposé que quelques mesures limitées visant à faire baisser quelque peu le prix du SEQE. En effet, juste après l'annonce début avril, le prix du marché du SEQE a augmenté, ce qui indique que les traders s'attendaient à des mesures plus ambitieuses.
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