1,2 million de tonnes de CO₂ par an : le pari de CCB pour décarboner son ciment
La Compagnie des Ciments Belges (CCB) célèbre cette année ses 120 ans. L’entreprise tournaisienne entend désormais accélérer la décarbonation de ses activités, avec notamment un projet de captage du CO₂ qui doit lui permettre de produire du clinker net-zéro à l’horizon 2032.
Publié par Demetrio Scagliola
Résumé de l'article
- CCB célèbre ses 120 ans et emploie aujourd’hui plus de 500 personnes en Belgique et dans les Hauts-de-France.
- Le cimentier accélère sa décarbonation en misant sur les énergies renouvelables, les combustibles alternatifs et la récupération de chaleur.
- CCB veut capter jusqu’à 1,2 million de tonnes de CO₂ par an afin de produire du clinker net-zéro à l’horizon 2032.
Sommaire
Fondée en 1906 à Gaurain, dans la région de Tournai, la Compagnie des Ciments Belges (CCB) vient de franchir le cap des 120 ans. L’entreprise a réuni ce jeudi près de 200 personnes sur son site de Gaurain-Ramecroix pour marquer cet anniversaire et présenter ses ambitions pour les prochaines années.
Au fil de son histoire, CCB a changé plusieurs fois d’actionnaire. Après avoir été reprise par la famille Plaquet en 1933, puis avoir intégré Ciments Français et Italcementi, l'entreprise appartient depuis 2016 à Cementir Holding.
CCB exploite aujourd'hui trois carrières de calcaire, une cimenterie et douze centrales à béton. Elle emploie plus de 500 personnes en Belgique et dans les Hauts-de-France et dessert également les marchés néerlandais et allemand. Sa capacité annuelle atteint 2 millions de tonnes de ciment, 6 millions de tonnes de granulats et un million de mètres cubes de béton prêt à l'emploi.
Le défi de la décarbonation
L'avenir de l'entreprise se joue notamment sur sa capacité à réduire les émissions liées à la fabrication du ciment. L'industrie cimentière figure parmi les secteurs industriels fortement émetteurs de CO₂, notamment en raison de la production du clinker, composant essentiel du ciment.
CCB a lancé dans cette optique son projet « CCBeNETZERO ». Plusieurs leviers sont prévus : augmentation du recours aux combustibles alternatifs, approvisionnement énergétique davantage décarboné, production locale d'électricité renouvelable via un parc éolien et récupération de la chaleur résiduelle des installations.
Mais l'entreprise mise surtout sur le captage et le stockage du carbone (CCS) pour traiter les émissions qu'elle considère comme incompressibles. CCB ambitionne ainsi de capter et de transporter jusqu'à 1,2 million de tonnes de CO₂ par an, avec pour objectif d'atteindre une production de clinker net-zéro à l'horizon 2032.
« C'est ensemble que nous poursuivrons la transformation de CCB pour relever les défis de demain, notamment celui de la décarbonation », souligne Philippe Frenay, directeur général de l'entreprise.
Le défi sera désormais de concrétiser ces investissements tout en maintenant la compétitivité du site. Une équation qui dépasse largement le cas de CCB et concerne l'ensemble de l'industrie cimentière européenne, confrontée à la nécessité de réduire fortement ses émissions tout en maintenant une production industrielle sur le continent.