Jugés « trop malades pour travailler », plus de 4.000 fonctionnaires ont pourtant un emploi
Près de 85.000 fonctionnaires sont toujours considérés comme définitivement inaptes au travail. Pourtant, plus de 4.000 exercent un emploi.
Publié par Demetrio Scagliola
Résumé de l'article
- Près de 85.000 fonctionnaires restent dans l'ancien système de pension pour maladie.
- Plus de 4.000 d'entre eux travaillent, malgré une incapacité autrefois considérée comme définitive.
- Seulement 4,3% de ceux qui reprennent une activité retournent dans le secteur public.
Près de 85.000 fonctionnaires statutaires belges restent officiellement en pension pour maladie. Considérés comme définitivement inaptes au travail, plus de 4.000 d’entre eux exercent pourtant aujourd’hui une activité professionnelle, révèle HLN.
Pendant des décennies, les fonctionnaires statutaires déclarés définitivement inaptes pouvaient être placés en pension pour maladie, parfois très jeunes, sans véritable perspective de retour vers l’emploi. Un système auquel le gouvernement fédéral a mis fin pour les nouveaux malades depuis le 1er juin 2026.
Mais près de 85.000 personnes restent soumises à l’ancien régime. Et selon des chiffres obtenus par la députée Nahima Lanjri (CD&V) auprès du ministre des Pensions Jan Jambon (N-VA) et relayés par HLN, environ 4.200 d’entre elles, soit une sur vingt, travaillent au moins à temps partiel.
Un constat qui interpelle le CD&V. Pour Nahima Lanjri, ces chiffres montrent que des travailleurs ont été écartés trop rapidement du marché de l’emploi, sans suffisamment miser sur leur réintégration. La députée plaide pour que ceux qui peuvent encore travailler soient activement accompagnés vers un emploi adapté.
Autre particularité : le retour vers le secteur public reste très marginal. Parmi ceux qui retravaillent, près de 37% exercent comme indépendants, plus de 34% via un flexi-job et 32,1% comme salariés, certains cumulant plusieurs statuts. Seulement 4,3% reprennent une activité comme fonctionnaire, selon HLN.
La flexibilité offerte par le privé expliquerait en partie cette situation : les personnes concernées recherchent souvent des horaires réduits ou adaptés, plus difficiles à trouver dans l’administration.
Depuis le 1er juin, aucun nouveau fonctionnaire ne peut plus être placé dans ce régime. Les quelque 85.000 bénéficiaires actuels conservent toutefois leurs droits. Le gouvernement entend laisser progressivement disparaître le système tout en facilitant la reprise d’une activité.