« 5 fois, 10 fois, 20 fois par jour » : ce que Thierry Belin (SNPS) réclame contre les dealers à Bruxelles
La nouvelle vague de violences et de fusillades liée au trafic de drogue à Bruxelles relance brutalement le débat sur la sécurité dans la capitale. Thierry Belin, vice-président du syndicat policier SNPS, accuse le pouvoir politique d'avoir laisseé la situation se dégrader.
Publié par Demetrio Scagliola
Résumé de l'article
- Thierry Belin estime que la situation sécuritaire à Bruxelles est le résultat de plusieurs années de choix politiques qu’il juge inefficaces.
- Le vice-président du SNPS critique notamment Jean Spinette, Catherine Moureaux et certaines positions défendues par le PS et Ecolo-Groen.
- Il réclame une présence policière permanente, des contrôles répétés des dealers et une réponse judiciaire beaucoup plus sévère.
Pour lui, la situation actuelle n'est ni soudaine ni incompréhensible. Elle est le résultat direct de choix politiques accumulés depuis plusieurs années. Thierry Belin parle des violences à Bruxelles comme des « résultats d'une politique locale empreinte d'attentisme et de couardise ».
Il rappelle qu'« il y a quelques années, des brigades de proximité avaient été créées à Bruxelles et notamment dans la ZP Midi ». Ces brigades, « issues d'un concept japonais appelé “Koban” », affichaient selon lui « des résultats particulièrement intéressants » et « tenaient le terrain ». Mais il affirme que cette dynamique a été abandonnée : « Sous la pression de mouvements “gauchistes” et de la Ligue des Droits Humains, le bourgmestre Spinette avait cédé et ces brigades avaient donc été dissoutes. »
Les attaques contre le Plan Canal"
Thierry Belin vise également certaines propositions politiques passées en matière de contrôles policiers. Il évoque les tentatives d'Ecolo-Groen et du PS de mettre en place des attestations que les policiers auraient dû délivrer à chaque personne contrôlée, « sous le fallacieux prétexte de lutter contre les contrôles “au faciès” d'une police jugée raciste et violente ».
Dans son message, le responsable syndical élargit encore le cadre. Il rappelle qu'« en 2014, les faits de délinquance et de violence liés à l'islamisme et à la radicalisation à Bruxelles faisaient déjà la une des journaux ». Il cite ensuite le « Plan Canal », décidé à l'époque par le ministre de l'Intérieur Jan Jambon, d'abord pour Molenbeek-Saint-Jean puis étendu à sept autres communes. Ce plan, « très critiqué par les bourgmestres, Catherine Moureaux en tête », avait selon lui « le mérite d'exister et de tenter d'apporter des solutions ».
Il oppose cette approche à d'autres discours politiques, notamment celui attribué à Catherine Moureaux, selon laquelle « on avait besoin d'humanité, pas de répression ». Il cite aussi « le célèbre “Bruxelles n'a aucun problème de sécurité” du ministre-président Rudi Vervoort », une phrase qui, selon lui, refait régulièrement surface « au vu de la situation sécuritaire catastrophique de Bruxelles ».
Thierry Belin revient également sur la décision fédérale, prise après les élections de 2024, de fusionner les six zones de police de la capitale. Une orientation qui aurait provoqué, écrit-il, une « levée de boucliers de certains bourgmestres, dont le plus virulent, Jean Spinette, bourgmestre de Saint-Gilles ».
"Fermeté et présence policière permanente"
Mais c'est surtout la situation actuelle qui nourrit son indignation. « La situation est gravissime », écrit-il. Il évoque des jeunes qui « n'hésitent plus à ouvrir le feu sur un commissariat de police voire en pleine rue et à proximité d'une école ». Selon lui, « la population est à bout, les commerces ferment » tandis qu'on entend « Monsieur Spinette parler aux dealers en bon père de famille en plein JT de la RTBF ». « Surréaliste ! », tranche-t-il.
Face à cette situation, Thierry Belin appelle à une ligne de fermeté absolue. « Si on veut reprendre le terrain, il n'y a pas 36 solutions », estime-t-il. Il réclame une « présence permanente sur le terrain pour les forces de police et harcèlement permanent des dealers ». Il assume également la multiplication des contrôles : « Oui, il faut des contrôles “au faciès” de ces voyous, 5 fois, 10 fois, 20 fois par jour s'il le faut. Il faut les harceler et remonter les filières. »
Selon lui, c'est à ce prix que « les enquêteurs spécialisés de la PJF pourront travailler et faire tomber des têtes ». Il plaide aussi pour un système judiciaire plus dur, avec « placement des mineurs en centres fermés » et « saisie des allocations familiales ainsi qu'une participation financière des parents pour l'éducation des enfants ». Il ajoute : « Il faut que la Justice se montre intraitable et saisisse immédiatement tous les avoirs des dealers et mette ces moyens au profit des enquêteurs et des juges. »
Dans ce texte très offensif, Thierry Belin balaie l'idée que la prévention et l'éducation puissent suffire. « Faire croire, comme certains irresponsables, qu'il faut de la prévention et de l'éducation pour ces jeunes délinquants relève soit de la naïveté, soit du dogmatisme », écrit-il. « Dans les deux cas, c'est criminel. » Il poursuit avec une formule choc : « Laisser croire qu'on va renvoyer à l'école un gamin de 14 ans qui gagne entre 300 et 500 euros par jour en faisant le guet est stupide et dangereux. »
Enfin, le vice-président du SNPS met directement en cause les autorités communales. « Il faut retirer tout pouvoir de décision en matière de lutte contre la criminalité à ces bourgmestres dont la principale préoccupation est d'être réélu et donc de plaire à son électorat », affirme-t-il. Avant de conclure : « Par cet attentisme, les citoyens sont en danger, les policiers aussi. » Et encore : « Les trafiquants, eux, ne répondent qu'à une seule règle, l'appât du gain et pour eux, la vie humaine n'a aucune valeur".