Alzheimer : pourquoi certains sombrent dans la démence et d'autres pas
Les chercheurs ont identifié un possible point de bascule biologique dans la progression de la maladie d’Alzheimer vers la démence. Ce basculement ne concerne pas directement les plaques amyloïdes ou les protéines tau, déjà bien connues dans cette pathologie, mais la manière dont le cerveau y réagit.
Publié par A.G.
Résumé de l'article
Une étude publiée dans Nature Medicine identifie un possible point de bascule dans la progression d’Alzheimer vers la démence.
Ce tournant dépendrait de l’état des microglies, les cellules immunitaires du cerveau.
Certaines personnes résistent malgré les plaques amyloïdes, soit parce que ce basculement ne se produit pas, soit parce qu’il reste découplé de la protéine tau.
Ces travaux ouvrent une piste thérapeutique : agir sur la réaction du cerveau, et pas seulement sur les plaques.
Au centre de cette réponse : les microglies, ces cellules immunitaires qui surveillent en permanence l’environnement cérébral.
La découverte publiée par Nature Medicine et à laquelle ont participé des chercheurs belges sous le titre Human microglial transitions at the Aβ-tau inflection point associate with divergent pathways to dementia and resilience nuance une vision trop mécanique de la maladie d’Alzheimer.
La présence de plaques amyloïdes dans le cerveau ne condamne pas automatiquement une personne à la démence. De nombreuses personnes âgées présentent ces lésions caractéristiques tout en gardant une mémoire et des fonctions cognitives relativement préservées. L’étude suggère que cette résistance pourrait dépendre d’une réaction particulière des microglies.
Les microglies au centre du mécanisme
Pour arriver à cette conclusion, les scientifiques ont analysé du tissu cérébral humain provenant d’octogénaires avec ou sans démence, ainsi que de centenaires restés cognitivement en bonne santé. Ils ont utilisé des techniques de pointe, comme la transcriptomique spatiale et le séquençage à noyau unique, qui permettent d’observer très finement l’activité des cellules dans leur environnement cérébral.
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