Belgique-Rwanda : une réconciliation sous les auspices du Qatar
Annoncée hier à New York, dans le cadre de l’Assemblée générale des Nations unies, la réconciliation entre la Belgique et le Rwanda met fin à dix-huit mois de rupture diplomatique, explique Sébastien Boussois, chercheur en sciences politiques et spécialiste du Moyen-Orient.
Publié par Nicolas de Pape
« Derrière ce rapprochement se trouve un acteur désormais incontournable des médiations internationales : le Qatar. Une diplomatie discrète qui s’étend aujourd’hui jusqu’à l’Afrique des Grands Lacs. »
21 News : Le Qatar est surtout connu pour ses médiations au Moyen-Orient. Que vient-il faire dans le rapprochement entre la Belgique et le Rwanda ?
Sébastien Boussois : On parle beaucoup de la médiation qatarie lorsqu’il est question de Gaza, de l’Afghanistan ou aujourd’hui des tensions dans le Golfe. Beaucoup moins lorsqu’il s’agit de l’Afrique des Grands Lacs. Et pourtant, le rétablissement des relations diplomatiques entre la Belgique et le Rwanda, annoncé le 22 septembre à New York en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, porte aussi la marque de Doha. Dix-huit mois après la rupture décidée unilatéralement par Kigali en mars 2025, les deux pays vont rouvrir leurs ambassades. C’est un développement important compte tenu de la profondeur de la crise.
Pourquoi les relations entre Bruxelles et Kigali s’étaient-elles à ce point dégradées ?
Le Rwanda reprochait à la Belgique son positionnement dans le conflit de l’est de la République démocratique du Congo. Bruxelles avait, de son côté, qualifié la rupture de « disproportionnée » et continue de défendre la souveraineté et l’intégrité territoriale congolaise. On était donc face à un véritable blocage diplomatique, sur fond d’histoire particulièrement lourde entre les deux pays. C’est précisément dans ce type de situation que le Qatar intervient : non pas nécessairement pour régler l’ensemble du contentieux, mais pour recréer les conditions du dialogue.
"Le Qatar ne cherche donc pas systématiquement à apparaître comme celui qui résout seul une crise."
Concrètement, quel rôle Doha a-t-il joué ?
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