« C’était ça ou mourir » : quand l'affaire Thélyson Orélien révèle les aveuglements d'une certaine gauche (carte blanche)
Après les révélations sur l'utilisation de l'intelligence artificielle dans le roman de Thélyson Orélien, Marcela Gori dénonce les réflexes idéologiques de ceux qui ont préféré crier au racisme plutôt que d'examiner les accusations. Une affaire qui interroge notre rapport à la vérité et à l'égalité.
Publié par Contribution Externe
Résumé de l'article
Dans cette carte blanche, Marcela Gori revient sur l'affaire Thélyson Orélien et dénonce les réflexes idéologiques d'une partie de la gauche face aux accusations d'utilisation de l'IA et de plagiat.
Sommaire
Vous avez vu, l’écrivain canado-haïtien Thélyson Orélien a finalement bien utilisé l’intelligence artificielle pour écrire son roman « C’était ça ou mourir » ? C’est ce qu’a reconnu ce mercredi son éditeur canadien.
Pour rappel, fin septembre, un compte X « Balance ton Claude » avait accusé l’écrivain d’avoir largement utilisé l’IA pour son roman dont tout le monde parlait.
Il faut dire que l’accueil par le petit monde des critiques littéraires et des auteurs était dithyrambique. Amélie Nothomb parlant du roman comme « d’un livre prodigieux, un tour de force ». « Un livre événement », avait pour sa part déclaré l’écrivain Yannick Haenel en ajoutant : « Quand il y a une telle langue, une langue poétique pour dire l’indicible alors la mort n’a pas le dernier mot ».
Dès l’éclatement de la polémique, une certaine gauche a parlé de racisme. Si ce livre était attaqué, c’est parce qu’il a été écrit par un écrivain noir. Propos largement repris en chœur par une série de politiques et de figures importantes de la gauche française et belge.
C’est que l’histoire est magnifique : un migrant noir écrit un premier livre sur son parcours de vie où il a subi discriminations, bagarres, mensonges… et il finit par s’installer au Canada et y devenir quelqu’un.
Oui, mais…
Les jours suivants, en fouillant dans les anciens écrits de Thélyson Orélien, le quotidien québécois La Presse découvre que l’auteur avait plagié et traduit l’article d’un journaliste philippin pour écrire la quasi-totalité d’une de ses chroniques publiée en 2013. Sur X, le compte @MonsieurPhi démontre que l’auteur a aussi plagié des articles de Wikipédia ou bien des phrases issues du livre Le Matin des magiciens de Louis Pauwels et Jacques Bergier, publié en 1960.
Et qu’ont alors fait les soutiens de l’auteur ? Ils ont minimisé l’histoire, certains parlant des plagiats comme d’un hommage aux autres écrivains ou encore en expliquant que la littérature est vivante, sous-entendu, on peut s’emprunter des phrases sans problème.
Une vérité qui dérange
Cette histoire pose de vraies questions et soulève un malaise réel : pourquoi est-ce que cette gauche est aveugle ? Pourquoi préférer pointer du doigt le « racisme », les auteurs des tweets dénonçant l’utilisation de l’IA, la fiabilité de l’outil d’analyse sans prendre en compte les conclusions véritablement dérangeantes de Pangram et des journalistes canadiens : Thélyson Orélien est un imposteur.
Au-delà de savoir si de l’IA a été utilisée ou non, c’est le comportement politique qu’il faut interroger. Cette affaire en dit, en effet, finalement beaucoup sur les réflexes politiques d’une certaine intelligentsia de gauche pour qui il est difficile d’admettre que les faits ne correspondent pas au narratif qu’elle s’était construit. Pour elle, peu importe que les accusations soient fondées ou non, l’essentiel est de défendre le bon camp et de dénoncer le mauvais.
Nous traversons une période où certains politiques nous font croire que tout doit être ramené à la couleur de peau, à l’origine ou à l’identité ou à la religion, comme si le débat devait nécessairement devenir un affrontement idéologique.
C’est très dangereux, car on finit par oublier une chose élémentaire : les mêmes règles doivent s’appliquer à tout le monde. C’est aussi cela, l’égalité.