Bruxelles : Boris Dilliès promet de reprendre en main la sécurité sans « jouer au shérif »
Face à la dégradation du climat sécuritaire à Bruxelles, Boris Dilliès promet d’assumer pleinement la coordination régionale, tout en refusant de renvoyer la responsabilité au fédéral. Entre fermeté affichée et reconnaissance des limites du pouvoir régional, le nouveau ministre-président tente de fixer une ligne.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
— Le ministre-président bruxellois promet de reprendre en main la coordination de la sécurité dans la capitale.
— Il refuse toutefois de réclamer des moyens supplémentaires au fédéral, contrairement à certains bourgmestres.
— Entre renforcement policier et prévention, Boris Dilliès esquisse une ligne prudente face à une situation sous tension.
Le ministre-président bruxellois Boris Dilliès (MR) a réaffirmé mardi sa volonté de reprendre en main la coordination de la politique de sécurité dans la capitale, à l’occasion d’un point presse consacré à l’analyse des menaces menée par safe.brussels.
« Je ne prétends pas être un shérif, mais je prendrai mes responsabilités », a-t-il déclaré, dans un contexte de tensions persistantes autour de la sécurité dans la région.
Refus de renvoyer la responsabilité au fédéral
Interrogé sur les demandes du bourgmestre de Saint-Gilles, Jean Spinette (PS), qui réclame des moyens fédéraux supplémentaires après plusieurs explosions dans sa commune, Boris Dilliès a pris ses distances.
S’il dit comprendre l’inquiétude du bourgmestre, il refuse de reprendre cette revendication à son compte. « Je ne vais pas renvoyer la patate chaude au niveau fédéral », a-t-il affirmé.
Le ministre-président a en revanche choisi de soutenir la demande du procureur du roi de Bruxelles, Julien Moinil, qui avait réclamé dix millions d’euros supplémentaires pour renforcer la sécurité dans la capitale. « La réalité bruxelloise est étroitement liée au travail du parquet. Depuis son arrivée, nous reprenons les choses en main », a insisté Boris Dilliès.
Répression et prévention, un équilibre revendiqué
Sur le terrain, la présence récente de militaires dans les rues de Bruxelles — déployés à titre dissuasif mais sans compétence policière — ne constitue pas, selon lui, une solution durable.
Dans le quartier de Cureghem, dont les habitants ont récemment dénoncé les conditions de vie dans une lettre ouverte, leur déploiement supplémentaire n’est pas envisagé comme une réponse suffisante. « Il n’y a pas de tabou sur l’engagement de la Défense, mais cela ne suffit pas », a-t-il expliqué.
Boris Dilliès plaide pour un renforcement des moyens de la police judiciaire, tout en soulignant le rôle du travail social et de la prévention. « Nous n’avons pas seulement besoin de répression », a-t-il déclaré.
Conscient des limites institutionnelles, il a néanmoins voulu adresser un message aux habitants des quartiers les plus exposés. « Un ministre-président n’a pas de superpouvoirs en matière de sécurité. Je ne prétends pas résoudre tous les problèmes, mais j’assumerai pleinement la coordination et la responsabilité de ce dossier », a-t-il conclu.