Commune de Molenbeek : la facture du déficit tombe, 40 emplois dans le viseur
Confrontée à un déficit persistant malgré plus de 7 millions d'euros d'économies déjà identifiées, la commune de Molenbeek envisage de supprimer 40 emplois et de réduire de moitié la prime de fin d'année de son personnel pour tenter d'équilibrer son budget 2026.
Publié par Harrison du Bus
Résumé de l'article
Molenbeek prépare un plan de redressement budgétaire comprenant 40 suppressions de postes et une réduction de la prime de fin d'année. Les syndicats dénoncent un choc pour le personnel communal et le CPAS.
La situation financière de Molenbeek-Saint-Jean continue de se dégrader. Confrontée à un déficit persistant et à des difficultés budgétaires croissantes, la commune dirigée par Catherine Moureaux envisage désormais de supprimer 40 emplois afin de rétablir l'équilibre de ses comptes.
Selon les informations publiées par La Dernière Heure, vingt postes pourraient disparaître au sein de l'administration communale et vingt autres au CPAS. L'annonce a provoqué un véritable choc parmi les travailleurs concernés.
Un plan d'économies de plusieurs millions d'euros
Ces suppressions de postes s'inscrivent dans un vaste plan de redressement budgétaire que le collège communal souhaite mettre en œuvre afin de présenter un budget 2026 à l'équilibre.
La commune affirme avoir déjà identifié près de 7,2 millions d'euros d'économies et de recettes supplémentaires.
Parmi les pistes retenues figurent notamment une augmentation de certaines taxes, une révision de la politique de stationnement, un renforcement des sanctions administratives liées à la propreté publique ainsi que le non-remplacement d'une partie des départs.
Malgré ces mesures, plusieurs millions d'euros manqueraient encore pour atteindre l'équilibre. Les quarante suppressions de postes représenteraient à elles seules une économie estimée à deux millions d'euros à partir de 2027.
Une prime de fin d'année divisée par deux
Le personnel communal est également confronté à une autre mesure particulièrement sensible : la réduction de moitié de la prime de fin d'année.
Cette décision nourrit la colère des syndicats, qui dénoncent un effort demandé aux travailleurs alors que ceux-ci ne sont pas responsables de la situation financière actuelle.
Plusieurs organisations syndicales évoquent déjà un préavis de grève à durée indéterminée. Une première action devrait être organisée lors du prochain conseil communal. « Tout le monde est sous le choc », résume la CSC.
Le CPAS sous pression
La situation est particulièrement préoccupante du côté du CPAS. Son président, Ahmed El Khannouss, reconnaît que les mesures envisagées auront des conséquences importantes sur l'organisation interne.
Selon lui, le nombre de bénéficiaires du CPAS est passé de 7.300 à 8.500 personnes en peu de temps. Dans le même temps, les moyens financiers ne suivent pas.
Le CPAS disposerait actuellement d'une dotation communale de 43,7 millions d'euros alors que ses besoins seraient estimés à 51,5 millions.
« Nous devons continuer à assurer nos missions », insiste-t-il, tout en reconnaissant que la suppression de postes augmentera la charge de travail du personnel restant.
Certaines aides et certains services pourraient également être réduits, notamment ceux destinés à lutter contre la fracture numérique.
Catherine Moureaux pointe le sous-financement
Depuis plusieurs semaines, la bourgmestre Catherine Moureaux attribue largement les difficultés financières de sa commune à un sous-financement structurel.
Elle dénonce notamment l'insuffisance des moyens accordés aux communes bruxelloises confrontées à une forte précarité sociale.
Le CPAS met également en cause plusieurs décisions fédérales récentes, notamment la diminution annoncée du financement du revenu d'intégration sociale et l'impact budgétaire attendu de certaines réformes.
Les responsables communaux évoquent également le coût croissant de la zone de police et l'augmentation continue des dépenses obligatoires.
Le retour brutal des réalités budgétaires
Au-delà du cas molenbeekois, cette crise illustre les tensions financières qui traversent une partie des pouvoirs locaux bruxellois.
Pendant des années, l'accumulation des dépenses sociales, la croissance des charges obligatoires et l'insuffisance des recettes ont été absorbées par des mécanismes de soutien ou des reports budgétaires.
Aujourd'hui, les marges de manœuvre se réduisent. La perspective de quarante suppressions d'emplois dans une commune qui compte parmi les plus fragiles du pays témoigne de la gravité de la situation.
Le budget 2026 devrait être présenté lors d'un conseil communal extraordinaire prévu le 24 juin. Il sera ensuite examiné par la tutelle régionale.
D'ici là, la tension risque encore de monter entre le collège communal et les organisations syndicales, alors que plusieurs centaines de travailleurs attendent désormais de savoir si leur emploi figure parmi ceux qui pourraient disparaître.