Canicule : l'Église ouvre davantage ses églises comme refuges de fraîcheur
Face aux épisodes de chaleur de plus en plus fréquents, le ministre fédéral du Climat Jean-Luc Crucke et l'archevêque Luc Terlinden souhaitent favoriser l'ouverture des églises pour accueillir les personnes en quête de fraîcheur. Les échanges portent aussi sur le rôle du patrimoine religieux dans la transition énergétique.
Publié par A JS
Résumé de l'article
Jean-Luc Crucke et Mgr Luc Terlinden souhaitent favoriser l'ouverture des églises durant les épisodes de canicule afin d'offrir des espaces de fraîcheur. Les discussions portent aussi sur le rôle du patrimoine immobilier de l'Église dans la transition énergétique et l'adaptation aux effets du changement climatique.
L'Église catholique en Belgique entend renforcer sa contribution face aux conséquences du réchauffement climatique. Jeudi, l'archevêque de Malines-Bruxelles, Mgr Luc Terlinden, a rencontré le ministre fédéral du Climat et de l'Environnement, Jean-Luc Crucke, à l'initiative de ce dernier.
À l'issue de cet entretien, le président de la Conférence des évêques de Belgique a confirmé la volonté de l'Église de faciliter, lorsque les conditions le permettent, l'ouverture de ses bâtiments durant les périodes de forte chaleur.
« Les personnes qui souhaitent y trouver un moment de fraîcheur peuvent y être accueillies dans le respect des lieux, de leur vocation et de chacune et chacun de ceux qui les fréquentent », précise le communiqué commun.
Les églises offrent déjà des espaces de fraîcheur
Cette orientation prolonge des initiatives déjà présentes dans plusieurs communes. De nombreuses paroisses maintiennent leurs portes ouvertes pendant les épisodes de canicule afin d'offrir un refuge aux habitants.
À Tervueren, en juin dernier, des étudiants ont même passé leurs examens dans une église afin de bénéficier d'une température plus supportable. Les murs épais de nombreux édifices religieux permettent souvent de conserver une fraîcheur appréciable lorsque les températures grimpent.
Jean-Luc Crucke prépare actuellement un futur plan interfédéral d'adaptation aux phénomènes météorologiques extrêmes. Dans cette réflexion, les bâtiments religieux pourraient constituer un maillon supplémentaire du dispositif d'accueil des personnes vulnérables.
Un dialogue plus large sur le patrimoine de l'Église
La rencontre ne s'est pas limitée à la question des canicules. Les deux responsables ont également abordé les possibilités offertes par le vaste patrimoine immobilier de l'Église en matière de transition énergétique et de résilience climatique.
Le ministre et l'archevêque annoncent la poursuite des discussions dans les prochaines semaines. Les autorités civiles et ecclésiastiques concernées participeront à ces échanges.
Les Régions et les pouvoirs locaux seront également associés à cette réflexion. Ils interviennent en effet dans la gestion d'un grand nombre d'édifices religieux.
Une orientation engagée depuis plusieurs années
L'engagement de l'Église catholique sur les questions environnementales ne date pas d'aujourd'hui. En 2015, le pape François avait consacré son encyclique Laudato si' à la protection de l'environnement et à la responsabilité collective face au changement climatique.
Depuis cette publication, de nombreuses initiatives ont vu le jour en Belgique comme à l'étranger. Elles concernent aussi bien la réduction de la consommation énergétique que l'adaptation des bâtiments religieux aux nouveaux défis climatiques.
La coopération engagée entre Jean-Luc Crucke et Mgr Luc Terlinden s'inscrit dans cette continuité. Elle pourrait déboucher sur de nouvelles mesures destinées à mieux utiliser le patrimoine religieux lors des épisodes météorologiques extrêmes.