Pierre-Yves Jeholet : « Pendant des années, la Région a exagéré en matière d'emploi public. Nous avions un État obèse. »
La situation budgétaire des communes, villes, provinces, régions, ou du fédéral est compliquée. Le ministre wallon de l’économie a dressé le bilan des deux premières années de gouvernement wallon chez nos confrères de la Libre Belgique.
Publié par J.PE
Résumé de l'article
Le ministre wallon de l’Économie Pierre-Yves Jeholet défend les réformes engagées par le gouvernement wallon. Il juge nécessaire de réduire l’emploi public, critique le bilan des précédentes majorités socialistes et maintient l’objectif d’une hausse du taux d’emploi. Il appelle également les syndicats à limiter les mouvements sociaux afin de préserver l’attractivité économique.
Pour Pierre-Yves Jeholet : « Nous sommes dans une situation difficile, il faut oser des réformes courageuses. Ce que je voulais dire, c'est que nous n'allons pas simplement imposer une taxe bête et méchante sur les entreprises ou diminuer les aides à l'investissement. Pendant des années, la Région a exagéré en matière d'emploi public. Nous avions un État obèse. Maintenant, il faut faire régime. Cela demande des adaptations. »
Le ministre déclare aussi que les résultats après 40 ans de domination socialiste doivent encore se faire sentir : « En deux ans, on a fait un boulot énorme, même si tous les résultats ne sont pas encore perceptibles. Quand j'entends l'opposition, on a l'impression que la Wallonie va mal parce que les socialistes ne sont plus là. Au contraire. Les recettes socialistes n'ont pas fonctionné alors qu'on a été gavé d'argent public. »
Et sur les critiques du PS il explique : « Quel culot extraordinaire, alors qu'ils ont dirigé la Wallonie pendant quarante ans ! »
Enfin le ministre pense que le taux d’emploi va fortement progresser en Wallonie mais appelle aussi les syndicats à la responsabilité :
« On ne doit pas négliger les conséquences du contexte géopolitique sur notre économie. Mais je veux maintenir l'objectif. Un taux d'emploi de 80 % en 2029, c'est l'objectif fédéral. La Flandre est plus haute que nous.
La Wallonie ne doit pas arriver à 80 % en 2029 pour que ce niveau soit atteint au fédéral. Cela dit, on doit augmenter notre croissance économique, on doit continuer à développer de l'activité économique en travaillant sur le coût du travail, sur le coût de l'énergie, sur la simplification administrative, sur le climat social…
Aujourd'hui, le climat social pèse sur les investissements. J'en appelle à une prise de conscience des syndicats. Les grèves à répétition, le blocage de zonings sans arrêt, cela nuit à l'image de la Wallonie et du pays et freine des investissements potentiels. »