Foyer Anderlechtois : une commission d’enquête "low-cost" pour protéger Lotfi Mostefa (PS) ?
Après des jours de tensions au sein de la majorité bruxelloise, une commission d’enquête sera bien créée sur le Foyer Anderlechtois. Mais la réduction de son champ d’action et de sa durée suscite déjà de vives critiques de l’opposition et de certains élus de la majorité. Enquête.
Publié par Demetrio Scagliola
Résumé de l'article
- La commission d’enquête est créée, mais son périmètre a été réduit.
- L’opposition et des élus du MR dénoncent un accord taillé sur mesure pour le PS.
- Malgré les concessions obtenues, le PS s’est abstenu lors du vote.
Sommaire
- Une commission obtenue au forceps
- Le cœur du scandale retiré du mandat
- Une commission "express" qui inquiète
- Le PS obtient des concessions... puis s'abstient
- Ahmed Laaouej : « On n'en veut toujours pas »
- À Anderlecht, Lotfi Mostefa reste protégé
- Une commission pour faire la lumière... ou gagner du temps ?
Quand c'est flou, c'est qu'il y a un loup. Et quand on regarde les balises qui délimitent le champ de la commission d'enquête sur le Foyer Anderlechtois, c'est carrément une meute de loups qu'il faut craindre de voir arriver pour réduire les chances de faire émerger des vérités dérangeantes. La montagne du scandale présumé du Foyer Anderlechtois, révélé par l'enquête de Pano (VRT) et par 21 News risque bien d'accoucher d'une souris politique. En cause, les réticences du PS à aller au fond d'un dossier dont le principal protagoniste n'est autre que l'échevin anderlechtois Lotfi Mostefa et celles des partenaires à la région (MR, Engagés, Anders) de mettre en péril la majorité et le gouvernement bruxellois, si difficilement installés après 600 jours de crise.
Après plusieurs jours de négociations tendues, le Parlement bruxellois s'apprête pourtant à mettre sur pied une commission d'enquête consacrée au Foyer Anderlechtois. Une décision qui semblait inévitable au vu de la gravité des révélations accumulées ces dernières semaines : soupçons de clientélisme, favoritisme, interventions politiques dans l'attribution de logements sociaux, pressions électorales présumées et désormais enquête judiciaire ouverte par le parquet de Bruxelles.
Mais derrière l'annonce de cette commission, les compromis arrachés entre partenaires de majorité soulèvent déjà une question : la recherche de la vérité a-t-elle été la priorité ou fallait-il avant tout éviter une crise politique susceptible de fragiliser le gouvernement régional ?
Une commission obtenue au forceps
Dès les premières révélations du magazine Pano et des informations publiées dans la foulée par plusieurs médias, dont 21 News, l'idée d'une commission d'enquête s'est imposée dans le débat politique.
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