Crack, prostitution, habitants apeurés : ce que Bouchez a vu dans le quartier Nord "dépasse l'entendement"
Après une visite nocturne du quartier Nord à Saint-Josse avec Emir Kir et deux ministres MR, Georges-Louis Bouchez dénonce une « zone qui échappe aux autorités ». Il réclame davantage de renvois de sans-papiers et interpelle directement la ministre de la Justice.
Publié par Demetrio Scagliola
Résumé de l'article
- Bouchez décrit une situation qui « dépasse l’entendement » dans le quartier Nord.
- Il réclame plus de renvois, des comparutions immédiates et des peines exécutées.
- Le président du MR attaque directement la ministre de la Justice Annelies Verlinden.
Georges-Louis Bouchez hausse le ton sur la situation sécuritaire à Bruxelles. Après une visite dans le quartier Nord à Saint-Josse, le président du MR décrit une situation qui, selon lui, « dépasse l’entendement ». Il réclame davantage d’expulsions de personnes en séjour irrégulier, des comparutions immédiates et des peines effectivement exécutées. Il s’en prend également directement à la ministre de la Justice Annelies Verlinden (CD&V).
La visite s'est déroulée dimanche soir, à l'issue d'une rencontre citoyenne organisée à Saint-Josse. Georges-Louis Bouchez était accompagné du bourgmestre Emir Kir, du ministre fédéral de l'Intérieur Bernard Quintin (MR) et de la secrétaire d'État bruxelloise Audrey Henry (MR).
🚨 Hier soir, je me suis rendu, à la demande des habitants lors d’une rencontre citoyenne, dans le quartier nord à Saint Josse en compagnie du Bourgmestre, @emir_kir, mais aussi du Ministre de l’Intérieur @BernardQuintin_ et de la Ministre bruxelloise Audrey Henry.
— Georges-L BOUCHEZ (@GLBouchez) September 15, 2026
🤯 Ce que j’ai… pic.twitter.com/DnnhgZaaju
La présence d'Emir Kir aux côtés des responsables libéraux n'est pas totalement anodine sur le plan politique. Bourgmestre de Saint-Josse depuis 2012, il a été exclu du PS en janvier 2020 et siège depuis comme indépendant. Depuis plusieurs mois, il est régulièrement présenté comme se rapprochant du MR, même si aucune adhésion au parti libéral n'a été annoncée.
« Ce que j’ai vu dépasse l’entendement », écrit le président du MR sur X. Il affirme avoir vu « des gens qui se droguent au crack en rue » et « qui défèquent », et évoque également « du trafic d’être humain dans le cadre de la prostitution » ainsi que des habitants qui « ont peur et n’osent plus sortir de chez eux ».
Pour Georges-Louis Bouchez, le constat est sans appel : « Bref, une zone qui échappe aux autorités. »
Immigration illégale et criminalité
Le président du MR ne limite toutefois pas ses critiques aux politiques de sécurité menées dans le quartier. Il établit également un lien entre une partie de la criminalité observée et l'immigration irrégulière.
« La raison est un manque de volontarisme et de courage politique et de coordination des services publics mais aussi un laxisme insupportable face à l’immigration illégale qui est une main-d’œuvre facile pour cette criminalité », affirme-t-il.
Georges-Louis Bouchez réclame dès lors un durcissement de la réponse : « Nous devons renforcer les sanctions et surtout augmenter le nombre de renvois sans oublier des comparutions immédiates et des peines exécutées ! »
Bouchez s'en prend à la ministre de la Justice
Le président du MR cible également directement la ministre de la Justice Annelies Verlinden, alors que la Belgique est confrontée depuis plusieurs années à une importante surpopulation carcérale.
« Je vais continuer à mettre la pression pour que cela avance car nous n’allons pas assez vite et fort », prévient-il.
Bouchez avance notamment un chiffre : « 31 % de nos détenus sont en situation irrégulière et on nous dit qu’il y a de la surpopulation carcérale ? De qui se moque-t-on ? La ministre de la Justice doit sortir de sa torpeur ! »
Ce chiffre de 31 % correspond aux données récemment communiquées concernant la population carcérale : début septembre, 4.198 personnes en séjour irrégulier étaient détenues sur un total de 13.439 détenus.
La surpopulation reste parallèlement particulièrement aiguë. En janvier, les prisons belges comptaient 13.470 détenus pour 11.296 places, avec plus de 500 personnes dormant sur un matelas au sol.
Le gouvernement fédéral a déjà adopté plusieurs mesures pour tenter d'y répondre. Son plan prévoit notamment d'accélérer le retour des détenus en séjour irrégulier, mais également de développer les capacités pénitentiaires et de recourir davantage à certaines alternatives à l'incarcération.
Des mesures déjà prises dans le quartier Nord
La sortie de Georges-Louis Bouchez intervient alors que les autorités locales ont déjà renforcé les mesures dans le quartier Nord.
Depuis le printemps, Saint-Josse et Schaerbeek ont notamment imposé des fermetures nocturnes à certains établissements dans le cadre de la stratégie de lutte contre le trafic de drogue.
La semaine dernière, les deux communes ont également introduit leurs premières « interdictions temporaires de lieu ». Le mécanisme permet à un bourgmestre d'interdire temporairement l'accès à un périmètre à une personne dont les comportements répétés troublent l'ordre public.
Ces mesures visent notamment la vente de stupéfiants, les violences sur la voie publique et les troubles récurrents dans le quartier.
Georges-Louis Bouchez estime manifestement que la réponse reste insuffisante. « Il n’y a pas de fatalité. Nous allons reprendre la situation en main », conclut le président du MR.