Dette publique : Bruxelles et la Wallonie pourraient dépasser 300 % de leurs recettes
Le Bureau fédéral du Plan juge « élevé » le risque lié à la dette de la Wallonie, de Bruxelles et de la Fédération Wallonie-Bruxelles d’ici 2031. Bruxelles et la Wallonie pourraient afficher une dette supérieure à trois fois leurs recettes nettes.
Publié par Demetrio Scagliola
Résumé de l'article
- Bruxelles atteindrait 328 % de dette par rapport à ses recettes nettes en 2031, la Wallonie 327 %.
- La Fédération Wallonie-Bruxelles grimperait à 158 %, avec des déficits annuels récurrents proches de 9 %.
- La Flandre ferait mieux avec 118 %, mais son risque est malgré tout considéré comme « modéré ».
La situation budgétaire des entités fédérées belges continue de se dégrader. Selon une nouvelle analyse du Bureau fédéral du Plan (BFP), la Wallonie, Bruxelles et la Fédération Wallonie-Bruxelles présentent toutes trois un risque « élevé » de non-soutenabilité de leur dette publique à l’horizon 2031. La Flandre est la seule grande entité étudiée à afficher un risque jugé « modéré ».
Pour établir son diagnostic, le Bureau du Plan s’est notamment penché sur l’évolution attendue du rapport entre la dette et les recettes nettes (RDA) de chaque entité. Un indicateur qui permet de mettre l’endettement en perspective avec les moyens budgétaires réellement disponibles.
Bruxelles et la Wallonie au-delà des 300 %
C’est à Bruxelles et en Wallonie que les chiffres sont les plus préoccupants. En Région bruxelloise, le ratio d’endettement devrait atteindre 328 % des recettes nettes en 2031. Selon les projections du BFP, la probabilité que la dette soit alors inférieure à son niveau de 2026 est de… 0 %.
La situation est à peine différente en Wallonie. La dette devrait représenter 327 % des recettes nettes en 2031. Le Bureau du Plan rappelle que les finances wallonnes ont notamment été lourdement affectées ces dernières années par la crise du Covid et les inondations de 2021.
La probabilité que la dette wallonne soit moins élevée en 2031 qu’en 2026 est estimée à moins de 1 %.
La Fédération Wallonie-Bruxelles également dans le rouge
Le diagnostic est également préoccupant pour la Fédération Wallonie-Bruxelles. Son endettement devrait atteindre 158 % des recettes nettes en 2031, notamment en raison de déficits annuels récurrents proches de 9 %.
Là aussi, les perspectives d'inversion de la tendance sont extrêmement faibles : le BFP évalue à moins de 1 % la probabilité que la dette de 2031 soit inférieure à celle de 2026.
La Flandre se distingue nettement des trois autres grandes entités. Son ratio d’endettement devrait atteindre 118 % des recettes nettes en 2031, ce qui conduit le Bureau du Plan à qualifier son risque de non-soutenabilité de « modéré ».
La trajectoire n’y est cependant pas totalement rassurante : la probabilité que la dette flamande diminue entre 2026 et 2031 reste inférieure à 5 %.
Le poids des entités fédérées a plus que doublé
Au-delà des situations régionales, l'étude met en évidence une évolution plus générale des finances publiques belges. La part des entités fédérées dans la dette publique totale du pays est passée de 8,4 % en 2008 à 18,4 % en 2025.
Une progression qui, selon les chercheurs, soulève des questions « sur le défi budgétaire que la Belgique dans son ensemble doit relever ».
La Communauté germanophone et la Commission communautaire française (Cocof) n’ont pas été intégrées à l’analyse. La Commission communautaire commune (Cocom) est, elle, comptabilisée avec la Région de Bruxelles-Capitale.