Budget fédéral : Bouchez lance un appel au calme, mais ne lâche rien sur les taxes
Alors que la crise autour du budget fédéral s’envenime, Georges-Louis Bouchez appelle à « garder son calme et son sang-froid ». Le président du MR estime que le problème est désormais « purement économique » et réaffirme son opposition à de nouvelles hausses de taxes.
Publié par Demetrio Scagliola
Résumé de l'article
- Georges-Louis Bouchez appelle au « calme et au sang-froid » face à la crise budgétaire.
- Le président du MR réclame une réduction des dépenses publiques et refuse « toujours plus de taxes ».
- Il annonce qu’il ne fera plus de déclaration avant sa rencontre avec le Roi.
Dans un long message publié sur les réseaux sociaux, Georges-Louis Bouchez commence par une invitation au calme : « Il est fondamental de garder son calme et son sang-froid. Aujourd’hui, le problème ne devrait plus être politique. Il est purement économique. »
Une manière pour le président des libéraux francophones de ramener le débat sur le terrain qui constitue depuis le début des négociations l’une des principales lignes rouges du MR : la maîtrise des dépenses publiques et le refus d’une hausse importante de la pression fiscale.
« Il est matériellement impossible de continuer à augmenter les dépenses publiques »
Georges-Louis Bouchez développe ensuite son raisonnement économique. Pour lui, la combinaison d’une inflation élevée et d’une croissance faible ne permet plus à la Belgique de continuer à faire progresser ses dépenses au même rythme.
« Quand vous avez une inflation aussi élevée et une croissance aussi faible, il est matériellement impossible de continuer à augmenter les dépenses publiques chaque année. Il faut les réduire. »
Le président du MR rejette également l’idée, défendue notamment par Vooruit et Les Engagés, selon laquelle une réduction des dépenses menacerait nécessairement le modèle social belge.
« Et cesser les caricatures : notre modèle social ne va pas s’effondrer parce que l’on remet de l’ordre en son sein et le sens de la responsabilité individuelle. »
Cette position s'inscrit dans la ligne défendue depuis plusieurs semaines par le MR. Georges-Louis Bouchez avait déjà martelé fin septembre que l'effort budgétaire devait d'abord et principalement venir de l'État.
Bouchez met en garde contre une « faillite collective »
L’autre message adressé par le président du MR à ses partenaires concerne les recettes fiscales. Georges-Louis Bouchez refuse que le redressement des finances publiques repose principalement sur de nouvelles taxes.
« À l’inverse, penser que l’augmentation importante de nos dépenses publiques depuis 20 ans pourra toujours être compensée par plus de taxes nous conduira à la faillite collective car plus personne n’acceptera de faire des efforts et de prendre des risques pour toujours donner plus à un État trop souvent inefficace. »
La formule est dure et confirme que, malgré l’appel à l’apaisement, le président du MR ne modifie pas sa ligne de fond.
Il poursuit avec une métaphore médicale : « Apporter un mauvais remède de toujours plus de taxes à la situation économique difficile de l’Europe amènera le patient à la mort. »
L'opposition de Georges-Louis Bouchez à de nouvelles hausses d'impôts n'est pas nouvelle. Ces derniers mois, il a régulièrement défendu une stratégie donnant la priorité aux économies, aux réformes et à la croissance plutôt qu'à l'augmentation de la fiscalité.
« La réalité économique doit revenir dans le débat politique »
Le président du MR appelle dès lors ses partenaires à replacer les contraintes économiques au centre des discussions.
« La réalité économique doit revenir dans le débat politique. Dans l’intérêt des finances publiques, des travailleurs, des investisseurs et du bien-être de notre population. »
Cette sortie intervient alors que la majorité fédérale traverse une nouvelle phase critique dans la recherche d’un compromis budgétaire. Les divergences portent notamment sur l'équilibre entre économies structurelles et recettes nouvelles, un rapport de force qui oppose depuis plusieurs semaines les différentes sensibilités de la coalition.
Pour le MR, la priorité reste clairement de réduire les dépenses plutôt que d'alourdir la fiscalité.
Silence jusqu'à la rencontre avec le Roi
Mais c'est surtout la dernière partie du message de Georges-Louis Bouchez qui témoigne de la gravité du moment politique.
Le président du MR annonce qu'il ne commentera plus publiquement la crise avant une rencontre avec le Roi.
« Aucune déclaration complémentaire sur ce sujet ne sera faite avant la rencontre avec notre Souverain. »
Il conclut son message par un nouvel appel à la responsabilité :
« Le sens des responsabilités doit nous conduire à la plus grande mesure afin de permettre l’aboutissement d’un accord indispensable à notre Pays. »