Denis Ducarme sur le rapatriement des prisonniers étrangers: « Madame Annelies Verlinden n’avance pas assez vite sur le dossier »
Hier, l’ancienne ministre de la Défense, Ludivine Dedonder (PS), a déclaré vouloir s’inspirer du modèle espagnol en matière de régularisation des sans-papiers. Denis Ducarme (MR) réagit à ses propos. Il lance un appel à la ministre de la Justice d’avancer plus vite dans le dossier de rapatriement des prisonniers étrangers. (partie 2/2)
Publié par Bram Bombeek
21news: N’y a-t-il pas une distinction à faire entre régulariser des sans-papiers qui travaillent et ceux qui ne travaillent pas ?
Denis Ducarme : Non, il n’y a aucune distinction à faire. Qu’elle travaille ou non, cette personne est entrée illégalement sur le territoire. C’est cela que nous sanctionnons.
21news: Pour vous, régulariser enverrait donc un mauvais signal ? Cela créerait un appel d’air ?
Denis Ducarme : Nécessairement. Aujourd’hui, notre travail consiste à démontrer que la Belgique n’est plus la bonne auberge en matière d’asile et d’immigration par rapport à d’autres systèmes européens. Si vous envoyez au monde un message disant que l’on régularise en Belgique ou en Espagne, vous ouvrez grand les portes et vous encouragez naturellement une augmentation des arrivées sur notre territoire. Ce n’est pas seulement grave par rapport à la situation actuelle, c’est aussi grave pour les conséquences que cela générerait à l’avenir.
21news: Vous pensez notamment aux accords de Schengen ?
Denis Ducarme : C’est pour cela que vous voyez des réactions aussi fortes en Europe après les annonces du Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez. On l’a encore vu récemment avec le pacte européen sur la migration adopté par le parlement européen : il est essentiel aujourd’hui d’avoir une politique migratoire la plus coordonnée possible au niveau européen. Les Européens doivent faire bloc pour renforcer la politique d’asile et d’immigration.
21news: L’accord de gouvernement prévoit le retour des prisonniers étrangers détenus en Belgique vers leur pays d’origine. Où en est ce dossier ?
Denis Ducarme : De notre point de vue, cela n’avance pas assez vite. C’est évidemment une responsabilité de la ministre de la Justice, Annelies Verlinden, de faire avancer ce dossier. Pour le MR, c’est clairement l’un des dossiers du gouvernement qui ne progresse pas suffisamment rapidement. Quand on voit la proportion importante de détenus d’origine étrangère dans nos prisons, alors même que l’on parle constamment de surpopulation carcérale, on peut s’interroger sur le manque d’empressement de la ministre à trouver une solution.
21news: Vous lui lancez un appel ?
Denis Ducarme : Nous lui avons déjà lancé un appel. Et nous allons le relancer, de plus en plus fermement, jusqu’au moment où elle l’aura entendu.
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