Immigration : le sujet qui fait perdre la gauche. L’exemple britannique confirme une tendance européenne.
Les élections locales britanniques ont tourné au revers politique pour Keir Starmer. En progressant fortement dans plusieurs bastions ouvriers du Labour, le parti de Nigel Farage confirme le poids croissant de la question migratoire dans les démocraties occidentales.
Publié par J.PE
Résumé de l'article
Le succès spectaculaire de Reform UK aux élections locales britanniques confirme l’effondrement d’une partie de l’électorat populaire de gauche sur la question migratoire.
Il y a parfois des scrutins locaux qui prennent des allures de séisme politique national. Les élections qui viennent de se tenir au Royaume-Uni appartiennent clairement à cette catégorie. Officiellement, il ne s’agissait que d’élections municipales, régionales et locales. En réalité, le vote a pris la forme d’un référendum politique sur les premiers mois du gouvernement de Keir Starmer. Et le verdict est sans appel : la gauche britannique recule brutalement, laminée dans plusieurs de ses bastions historiques… par un parti qui a fait de l’immigration et du contrôle des frontières son principal cheval de bataille.
Le grand vainqueur de ce scrutin s’appelle Nigel Farage. Son mouvement, Reform UK, signe la meilleure progression de son histoire et s’impose désormais comme une force politique majeure, capable non seulement de concurrencer les conservateurs, mais aussi de frapper directement le Labour Party dans ses terres ouvrières.
Dans le nord de l’Angleterre, dans les anciennes régions industrielles, dans ces circonscriptions qui votaient travailliste presque par tradition familiale depuis plusieurs générations, le constat est brutal : l’électorat populaire déserte la gauche. Et ce basculement n’a rien d’un accident.
Depuis des années, une partie de cet électorat exprime les mêmes inquiétudes : pression migratoire, saturation des services publics, concurrence sur le marché du travail, difficulté d’accès au logement, transformation rapide de certains quartiers, montée de l’insécurité culturelle autant que sociale. Des préoccupations que les élites progressistes ont souvent choisi de traiter comme des fantasmes, des exagérations ou, pire, comme des sujets moralement suspects.
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