« En banlieue, j’ai retrouvé l’intégrisme syrien » : le réquisitoire d’Omar Youssef Souleimane
Réfugié politique venu de Damas, le poète Omar Youssef Souleimane pensait trouver dans la patrie des Lumières un havre d'émancipation. Élisant domicile en France, il y a découvert une réalité glaçante lors d'ateliers menés dans les collèges d'Île-de-France.
Publié par Loïc Cotteret
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Résumé de l'article
Dans son essai Les Héritiers de la haine, le poète exilé Omar Youssef Souleimane alerte sur la montée d'un discours intégriste identique à celui qu'il a fui en Syrie chez certains collégiens d'Île-de-France.
Refusant le déni collectif, il appelle à un sursaut républicain pour réaffirmer fermement la laïcité et protéger ces élèves contre l'endoctrinement.
L'apprentissage du réel a pris la forme d'un vertige. Arrivé en France en 2012 après avoir fui la dictature de Bachar el-Assad et la terreur des djihadistes, le poète voyait dans l'école publique le pilier central de l'intégration républicaine.
Ses interventions pédagogiques auprès des élèves devaient célébrer la liberté d'expression, la poésie et la beauté de la langue. Elles se sont trop souvent transformées en un procès à charge contre le modèle républicain et la souveraineté des lois humaines.
« J’ai reconnu les mots du fanatisme »
Dans les salles de classe de la banlieue parisienne, l'écrivain se heurte à des certitudes étanches. La séparation du spirituel et du temporel y est perçue comme une agression délibérée.
La mixité devient un sujet de discorde. Souleimane retrouve avec effroi les mécaniques d'endoctrinement observées au Moyen-Orient. Le vocabulaire est rigoureusement identique. Le ressentiment envers l'Occident sert de ciment identitaire.
Devant des adolescents hermétiques à tout doute méthodique, le constat est saisissant. L'intégrisme ne débute pas par la violence armée. Il commence par la fermeture délibérée des esprits.
Le poison du conformisme dans les cours de récré
Ce témoignage marquant publié par Le Figaro met en lumière un phénomène d'accélération alarmant.
Sur les réseaux sociaux, des influenceurs religieux diffusent un catéchisme salafiste simplifié et séduisant. Dans la cour de récréation, la pression du groupe accomplit le reste du travail de sape. Quiconque remet en question la norme dominante subit un bannissement immédiat.
Les jeunes filles se retrouvent en première ligne, soumises à un contrôle moral permanent. Face à cette emprise idéologique, l'institution scolaire a trop longtemps choisi l'évitement. La peur du conflit a souvent paralysé l'action des adultes.
Un appel d’urgence au sursaut républicain
Pour l'exilé syrien, le déni de réalité constitue la pire des fautes collectives.
Son texte agit comme un électrochoc nécessaire face à la résignation générale. La laïcité n'est pas une posture abstraite, mais la condition sine qua non de la liberté individuelle.
Abandonner cette jeunesse aux réseaux intolérants équivaut à une capitulation culturelle majeure.
La France doit retrouver la force de transmettre ses principes fondateurs sans trembler. Le retour du courage politique et de l'exigence pédagogique demeure le seul moyen d'enrayer cette dérive obscurantiste.